Le moteur PureTech, un bloc essence de 1,2 litre, fait aujourd’hui grand bruit dans le secteur automobile, touchant des marques comme Peugeot, Citroën, DS, Opel et Fiat. Autrefois applaudi pour sa performance, il est désormais pointé du doigt pour des défauts mécaniques sérieux qui plombent la réputation du groupe Stellantis. Résultat : de nombreux automobilistes se retrouvent avec des véhicules potentiellement défectueux et peinent à les revendre.
Les pépins principaux du PureTech
Même s’il a été élu meilleur moteur de l’année à quatre reprises entre 2015 et 2018, le PureTech cache deux problèmes techniques de taille. D’une part, la courroie de distribution humide s’use bien trop vite, ce qui peut causer des pannes graves voire des casses moteur en raison de son usure prématurée. Et d’autre part, ce moteur consomme trop d’huile. À la longue, la détérioration de la courroie – qui doit normalement se loger dans un bain d’huile – peut aussi entraîner une accumulation de saletés dans le système, rendant la pédale de frein plus lourde et allongeant la distance nécessaire pour arrêter la voiture.
Ces problèmes techniques ont laissé des milliers de propriétaires avec des voitures difficiles à revendre. La valeur de revente chute de façon spectaculaire pour les véhicules équipés du PureTech.
La galère sur le marché de l’occasion
Le marché de l’occasion est particulièrement touché par cette affaire. Sur LeBonCoin, on compte plus de 35 000 annonces de véhicules dotés du moteur PureTech, ce qui rend la concurrence vraiment rude. Pour citer un exemple précis, un propriétaire d’une Peugeot 208, achetée à 19 200 euros, n’a réussi à la revendre que 5 000 euros trois ans plus tard – soit seulement 26 % de sa valeur d’origine. Dans un autre cas, une voiture de quatre ans a été vendue à 54 % de son prix neuf.
Face à cette réputation ternie, concessionnaires et garagistes rechignent à reprendre ces modèles et se contentent souvent d’offres de reprise très basses, qui n’excèdent pas le tiers du prix neuf pour des véhicules âgés de trois à cinq ans.
Les répercussions pour Stellantis
Pour Stellantis, la situation est un sacré défi sur le plan de l’image et de la confiance des clients. En France, le constructeur fait face à plusieurs actions judiciaires portées par des associations comme l’UFC-Que Choisir, qui déplorent la prise en charge limitée des réclamations des clients. Désormais, le groupe doit revoir en profondeur ses procédures qualité et intensifier ses campagnes de rappel pour tenter de regagner la confiance perdue.
En parallèle, les frais liés à ces déboires viennent alourdir la facture d’un groupe déjà en pleine transition vers l’électrique. Des mesures correctives ont d’ailleurs été lancées conjointement par Stellantis et Peugeot pour apaiser la situation.
Vos réactions et les solutions proposées
Les automobilistes n’en reviennent pas et jugent que l’information sur les défaillances du PureTech est vraiment insuffisante. Selon l’UFC-Que Choisir, nombreux sont ceux qui témoignent de la difficulté des professionnels à reprendre ces voitures défaillantes. Florence Gete, présidente du GAAP, reconnaît que la réputation du moteur a pris un coup, mais elle met aussi en avant les garanties rassurantes mises en place par Stellantis.
Depuis mars 2024, Stellantis propose une garantie étendue, sous conditions strictes d’entretien, tandis que Peugeot lance dès janvier 2025 une aide à la reprise de 700 euros pour l’achat d’un véhicule hybride neuf. Ces initiatives visent à redonner un peu d’ondes positives au constructeur tout en dynamisant les ventes à venir.






