Alors que la transition vers l’électrique s’annonce longue et onéreuse, plusieurs grands noms de l’automobile reviennent aux moteurs thermiques et hybrides. Cette décision survient malgré des règles strictes de l’Union européenne qui veulent mettre fin à la vente de véhicules thermiques d’ici 2035. Ce choix relance le débat sur l’avenir du secteur automobile et ses retombées économiques et environnementales.
Un virage vers le thermique
Le nouveau responsable de Stellantis pour l’Europe, Jean-Philippe Imparato, a récemment annoncé un retour marqué aux moteurs thermiques. Stellantis ne se contente pas de développer de nouveaux moteurs diesel, il prévoit aussi d’adapter certains modèles pour prolonger l’offre jusqu’en 2030. Ce n’est pas une initiative isolée puisque General Motors, Porsche, BMW, Volkswagen, Mercedes, ainsi que les marques Smart et DS ont clairement indiqué vouloir conserver ou enrichir leur gamme thermique.
Parmi les annonces, on note que Porsche va lancer des versions thermiques de véhicules initialement annoncés en 100 % électrique, avec un investissement estimé à 800 millions d’euros. De son côté, Smart a révélé son modèle #5 équipé d’un moteur à essence et DS propose une version hybride du modèle N°8. Quant à Volkswagen, elle envisage de prolonger la production de ses modèles Golf, T-Roc et Tiguan au-delà de 2033.
Quelques chiffres et enjeux économiques
En chiffres, l’année 2025 verra le lancement de 205 modèles à essence et 116 véhicules hybrides. Mercedes prévoit d’introduire 19 voitures à essence et 17 électriques entre 2025 et 2027. Toutefois, les ventes mondiales de véhicules électriques peinent à décoller ; à titre d’exemple, Porsche a vu ses ventes de la berline électrique chuter de 49 % l’année dernière.
Les fabricants misent sur les moteurs thermiques car ils offrent des marges plus intéressantes. Par ailleurs, la technologie full-hybride gagne du terrain en Europe, aidant les constructeurs à respecter les objectifs CO2 fixés par Bruxelles tout en répondant à la demande du marché.
Perspectives et défis politiques
Malgré une pression politique forte pour passer rapidement à l’électrique, plusieurs spécialistes doutent de la faisabilité des objectifs européens. Le professeur Ferdinand Dudenhöffer estime que le moteur à combustion interne pourrait rester d’actualité pendant encore 100 ans. Il explique que les politiques en Allemagne continuent de favoriser le thermique, surtout depuis l’arrêt des aides pour l’achat de véhicules électriques.
Cette situation complique la transition pour les constructeurs, qui doivent relever des défis techniques et logistiques considérables. Les investissements pour transformer les lignes de production sont énormes et risquent de ralentir le passage complet aux véhicules électriques.





