Xiaomi établit un record du Nürburgring, sans pilote !

Le 8 juin 2024, Xiaomi a réalisé une première mondiale en bouclant le Nürburgring Nordschleife de manière totalement autonome avec son SUV électrique YU7 GT. Le chrono de 10 minutes 29 secondes impressionne pour une machine, mais reste 3 minutes plus lent que le record établi par un pilote humain avec le même véhicule. Une performance qui révèle autant les capacités que les limites actuelles de la conduite autonome en conditions extrêmes.

Publié le
Lecture : 3 min
xiaomi-etablit-record-nurburgring
Xiaomi établit un record du Nürburgring, sans pilote ! © L'Automobiliste

Le 8 juin 2024, le Xiaomi YU7 GT a franchi un cap historique en bouclant un tour complet du Nürburgring Nordschleife sans aucun conducteur à bord. Un exploit inédit qui marque une première mondiale pour la conduite autonome en conditions extrêmes. Pourtant, le chrono affiché de 10 minutes 29 secondes révèle aussi les limites actuelles de l’intelligence artificielle face à un pilote humain capable de réaliser le même parcours en 7 minutes 22 secondes.

L’exploit autonome : un tour sans conducteur sur la Nordschleife

Jamais auparavant un véhicule totalement autonome n’avait relevé le défi de parcourir les 21 kilomètres et 73 virages de la Nordschleife sans personne à son bord. Le constructeur chinois Xiaomi, mieux connu pour ses smartphones et son électronique grand public, vient de prouver qu’il maîtrise également les technologies automobiles les plus pointues. La performance, confirmée publiquement le 22 juin 2024 par le compte officiel du circuit sur X, constitue une démonstration spectaculaire des capacités de son système de conduite autonome.

10’29 : un chrono impressionnant pour une machine

Le YU7 GT autonome a parcouru l’intégralité du circuit en 10 minutes 29 secondes et 483 millièmes. Pour une machine confrontée à l’un des tracés les plus redoutés au monde, ce temps représente une prouesse technologique majeure. Le système a dû gérer des virages aveugles, des dénivelés brutaux et des enchaînements techniques sans intervention humaine. L’exploit a été réalisé avec un SUV électrique équipé d’un Track Package spécifique, conçu pour maximiser les performances sur circuit.

Mais Vincent Radermecker avait fait mieux : 7’22 avec le même véhicule

L’écart avec la performance humaine reste néanmoins significatif. En mai 2024, le pilote belge Vincent Radermecker avait établi un record avec le même YU7 GT en 7 minutes 22 secondes et 755 millièmes. Soit 3 minutes et 7 secondes de moins que la version autonome. Ce delta illustre la différence fondamentale entre l’approche humaine, qui accepte des marges de risque calculées, et l’approche algorithmique, qui privilégie la sécurité absolue. Le pilote humain exploite son expérience et son intuition pour anticiper les trajectoires optimales, là où l’IA doit traiter des données en temps réel sans jamais prendre le moindre risque.

L’analyse comparative entre les deux performances révèle précisément où l’intelligence artificielle perd du temps face à un pilote professionnel. Les données collectées montrent que le système autonome adopte une stratégie ultra-conservatrice dans les portions les plus exigeantes du circuit.

Vitesse maximale : 210 km/h contre 300 km/h pour le pilote

Dans la dernière ligne droite avant l’arrivée, Vincent Radermecker avait atteint 300 km/h au volant du YU7 GT. Le système autonome de Xiaomi, lui, s’est limité à 210 km/h. Un écart de 90 km/h qui représente à lui seul plusieurs secondes perdues. Cette différence ne s’explique pas par un manque de puissance : le véhicule développe 738 kW (1.003 chevaux) et abat le 0 à 100 km/h en 2,92 secondes. L’IA bride volontairement les performances pour maintenir des marges de sécurité confortables, calculant en permanence les trajectoires d’évitement possibles en cas d’imprévu.

Les portions aveugles et dénivelés : pourquoi l’IA joue la prudence

Les sections où le tracé disparaît derrière une bosse ou plonge brutalement constituent les points faibles du système autonome. Contrairement à un pilote humain qui mémorise le circuit et anticipe les virages invisibles, l’IA doit s’appuyer uniquement sur ses capteurs. Même avec un LiDAR de 128 lignes et 11 caméras, la perception reste limitée aux zones directement visibles. Résultat : le système ralentit systématiquement avant chaque portion aveugle, accumulant des dixièmes de seconde perdus tout au long du tour. Xiaomi n’a d’ailleurs pas précisé si le véhicule avait été entraîné en simulation logicielle ou découvrait le circuit pour la première fois, une information qui aurait permis de mieux comprendre les marges de progression possibles.

Laisser un commentaire