Carburants de synthèse : l’alternative qui change tout, sauf votre moteur

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Carburants de synthèse : l’alternative qui change tout, sauf votre moteur | L'Automobiliste

Le 8 avril 2025, une équipe de chercheurs japonais a mis au point un procédé ultra-efficace de conversion du dioxyde de carbone en carburant. Ce n’est pas seulement une avancée technique, c’est un signal fort : l’industrie automobile peut continuer à exister avec des moteurs thermiques propres.

Un carburant sans pétrole, compatible avec toutes les motorisations

Les e-fuels — ou carburants de synthèse — ne nécessitent aucune modification des moteurs actuels. Contrairement à l’hydrogène ou à l’électricité, ces carburants sont dits drop-in : ils s’utilisent directement dans les réservoirs classiques. Le moteur thermique conserve toute sa place, même dans un monde en pleine transition énergétique.

À la clé : une combustion plus propre, une empreinte carbone réduite, et la possibilité de prolonger l’usage des véhicules existants sans transition technologique brutale. Pas besoin de jeter votre voiture thermique : elle peut devenir propre sans changer un boulon. « Leur structure chimique est comparable aux carburants conventionnels avec lesquels ils peuvent donc être mélangés directement », précisent les chercheurs de l’IFPEN.

L’innovation venue du Japon qui pourrait sauver le moteur thermique

À la base, un défi technique : transformer le CO₂ en monoxyde de carbone (CO), précurseur du carburant. Jusque-là, le procédé était lent, coûteux et difficile à industrialiser. Mais une équipe des universités de Tohoku et Hokkaido, avec AZUL Energy, a pulvérisé les limitations. « Notre méthode ramène la conversion de 24 heures à 15 minutes », annonçait fièrement Liu Tengyi du WPI-AIMR.

Ce bond est rendu possible grâce aux phtalocyanines de cobalt, des catalyseurs organiques qui permettent une conversion stable et rapide sur des électrodes gaz. Le test a tourné pendant 144 heures en continu, un record en environnement industriel. Résultat : un e-fuel fiable, performant et prêt à être utilisé dans les moteurs thermiques standards.

La filière auto s’organise déjà autour de ce nouveau carburant

Et ça ne reste pas dans les labos. En France, le site d’ArcelorMittal, à Dunkerque, capte déjà 0,5 tonne de CO₂ par heure, soit plus de 4 000 tonnes par an. Ces émissions industrielles deviennent une matière première pour le carburant.

Dans le même temps, plusieurs constructeurs expérimentent déjà des prototypes tournant exclusivement à l’e-fuel. Porsche, notamment, a investi massivement dans la filière avec des tests en environnement extrême. La compétition automobile, toujours en quête d’alternatives à haut rendement, s’intéresse de près à ce carburant capable de conjuguer performance et réduction des émissions.

Rouler sans polluer (ou presque), sans changer de voiture : une vraie révolution

L’intérêt pour l’automobiliste est évident : utiliser un carburant propre sans renoncer au plaisir de conduite. Pas de recharges électriques, pas de pertes de puissance, pas d’investissement dans un véhicule neuf. Et en bonus, la possibilité de contribuer activement à la réduction du CO₂, grâce à un carburant produit localement, à partir de déchets ou d’émissions industrielles.

L’Union européenne vise déjà 2,6 % de carburants renouvelables non biologiques dans les transports d’ici 2030. Plusieurs projets européens comme REDIFUEL ou KEROGREEN ont validé la faisabilité technique et économique à l’échelle continentale.

Le thermique n’est pas mort, il change de carburant

On l’avait enterré un peu vite. Le moteur thermique, accusé de tous les maux, pourrait bien se faire une seconde jeunesse — propre, durable et compatible avec la lutte contre le changement climatique.

Les motorisations thermiques sont sur la sellette, accusées d’être trop polluantes, tandis que l’électrique ne répond pas encore à tous les usages, que ce soit à cause de l’autonomie, des infrastructures, du coût des voitures, ou encore de la rareté des ressources nécessaires à ressources rares. Dans ce contexte, la conversion CO₂ → CO, clef de voûte des e-fuels, s’impose comme une solution de réconciliation entre performance mécanique et durabilité environnementale. De quoi tranquilliser les automobilistes.

1 réflexion au sujet de « Carburants de synthèse : l’alternative qui change tout, sauf votre moteur »

  1. Du cobalt !!!!! Vous en dites quoi les furieux anti VE vous qui pourfendez les véhicules électriques qui ont besoin de cobalt ? Je suis que là vous trouverez ça très bien !

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