L’industrie automobile est en pleine mutation avec l’essor des véhicules électriques. Après ce qu’on appelle un « plafond de verre technologique », plusieurs annonces scientifiques récentes pourraient apporter des solutions attendues depuis longtemps. Deux innovations sortent du lot : un nouvel électrolyte pour batteries et le développement des batteries au sodium. Elles visent à régler des problèmes persistants comme la densité énergétique et la sécurité des véhicules électriques.
Ce que promettent les nouvelles batteries
Les ingénieurs de Nankai (Chine) annoncent une avancée majeure avec un électrolyte de nouvelle génération, qui pourrait améliorer radicalement les performances des véhicules électriques. L’idée principale : remplacer les solvants contenant de l’oxygène par des composés fluorés, en particulier le 1,3-difluoropropane, pour « réécrire la chimie des batteries », explique Auto Plus. Cette approche cible deux verrous : la faible densité énergétique et la tenue à basse température.
Les résultats publiés parlent d’eux‑mêmes : une densité énergétique mesurée « au-delà des 700 Wh/kg » à température ambiante, nettement supérieure aux packs actuels qui peinent à atteindre 300 Wh/kg. Avec cette technologie, l’autonomie théorique des véhicules pourrait atteindre 1000 km, tout en conservant une performance énergétique de 400 Wh/kg à -50 °C. Le potentiel affiché va même jusqu’à des températures extrêmes de -70 °C.
Cet avancement intéresse non seulement les constructeurs automobiles, mais aussi des secteurs comme l’aérospatiale, l’aviation et les drones de surveillance en haute altitude, qui y voient une piste pour limiter les pertes de puissance en environnements froids.
Le sodium fait son retour
Autre piste en vue : les batteries sodium-ion, développées par l’équipe du professeur Yang Zhao de l’Université Western Ontario (Canada). Ces batteries Na‑ion utilisent un électrolyte solide à base de soufre et de chlore, ce qui remplace l’électrolyte liquide inflammable par une version solide non inflammable. Résultat : une meilleure sécurité, adaptée aussi bien aux voitures électriques qu’aux appareils du quotidien comme les téléphones et les ordinateurs.
Historiquement, les Na‑ion souffraient d’une densité énergétique plus faible, mais les nouveaux travaux montrent une efficacité impressionnante de 99,26 % après 600 cycles de charge. Le défi suivant sera de produire ces batteries à grande échelle tout en conservant leur durée de vie. La firme CATL prévoit une production de masse dès 2026 via sa plateforme industrielle Naxtra.




