Une nouvelle étude de la sécurité routière met en avant un phénomène inquiétant : la majorité des enfants sont mal attachés. Ce constat se ressent dans les chiffres, qui sont en augmentation.
Les enfants mal attachés selon une étude de la sécurité routière
Publiée le 22 janvier 2026, une étude de l’association Prévention Routière révèle une situation préoccupante sur les routes françaises, puisque environ deux enfants sur trois sont mal attachés en voiture, exposant ainsi les plus jeunes à des blessures graves en cas d’accident. La sécurité routière reste un enjeu central dès qu’il s’agit de transporter un enfant en voiture. Or, les observations de terrain montrent que cette priorité n’est pas toujours traduite dans les faits. En effet, selon l’étude, 62 % des enfants observés présentaient au moins une erreur d’installation, qu’il s’agisse d’un harnais mal ajusté, d’une ceinture vrillée ou d’un dispositif non adapté à leur morphologie. Pourtant, ces erreurs, bien que fréquentes, sont souvent invisibles aux yeux des accompagnateurs, ce qui accentue le risque.
Par ailleurs, la sécurité routière souffre ici d’un paradoxe persistant, car les équipements n’ont jamais été aussi performants, mais leur mauvaise utilisation annule en grande partie leur efficacité. Ainsi, l’étude précise que cette proportion de 62 % d’enfants mal attachés reste quasiment stable par rapport à 2018, où le taux atteignait déjà 63,5 %, selon la même source. Autrement dit, malgré les campagnes de sensibilisation répétées, les comportements évoluent peu, ce qui interroge sur la compréhension réelle des règles par les adultes.
Sécurité routière : des chiffres qui traduisent un risque bien réel pour chaque enfant
Les données de la sécurité routière permettent de mesurer concrètement les conséquences de ces mauvaises pratiques, car les statistiques d’accidentologie restent élevées. Selon l’Observatoire national interministériel de la sécurité routière, 14 000 enfants ont été blessés sur les routes françaises en 2024, dont 700 grièvement, tandis que 46 enfants ont perdu la vie, soit près d’un par semaine, d’après les chiffres repris par l’association Prévention Routière. Ces chiffres rappellent que l’enfant demeure un usager particulièrement vulnérable.
De plus, la sécurité routière souligne que plus d’un enfant tué sur deux était passager d’un véhicule au moment de l’accident, ce qui renforce le lien direct entre l’installation en voiture et la gravité des conséquences, selon la même source. Entre 2021 et 2023, l’analyse des accidents mortels a montré que 46 % des enfants décédés étaient mal installés ou utilisaient un système de retenue inadapté, toujours selon Prévention Routière. Dès lors, le non-respect des règles n’apparaît plus comme une simple négligence, mais comme un facteur aggravant clairement identifié.
La sécurité routière se heurte également à un problème de perception, car de nombreux adultes pensent respecter les règles alors que la réalité est tout autre. Selon l’étude, 78 % des accompagnateurs interrogés estimaient attacher correctement leur enfant ; cependant, 59 % d’entre eux commettaient au moins une erreur manifeste lors de l’installation. Cette surestimation de leurs propres pratiques complique la prévention, car elle réduit la remise en question des adultes.


