L’étude IFOP commandée par Volvo Car France a été rendue publique le 14 janvier. Elle souligne une réalité troublante concernant l’usage de la ceinture de sécurité en France. Si ce geste est aujourd’hui profondément ancré dans les habitudes des conducteurs, il semble que son application reste partielle à l’arrière des véhicules. Pourtant, le port de la ceinture de sécurité est obligatoire à toutes les places depuis janvier 1990. Malgré cette exigence légale, certains comportements persistent, mettant en péril la sécurité des passagers.
Une obligation ancienne… toujours négligée à l’arrière
Plus de trois décennies après l’instauration de l’obligation de porter la ceinture de sécurité à l’arrière, le relâchement demeure. Selon les résultats de l’enquête menée en décembre 2025, plus d’un Français sur cinq ne la porte pas lorsqu’il est installé à l’arrière. Cette tendance est d’autant plus préoccupante qu’elle intervient dans un contexte global d’amélioration des réflexes liés à la sécurité routière.
Toujours selon l’étude IFOP–Volvo, 96 % des Français assurent que boucler leur ceinture de sécurité est devenu un automatisme. « Ce geste qui sauve des vies s’est imposé en plus de 50 ans », souligne Volvo Car France dans son communiqué du 14 janvier 2026. Toutefois, cette rigueur semble se relâcher à l’arrière, un espace perçu – à tort – comme moins dangereux. Pour expliquer ce comportement, CNEWS rapporte que « les passagers arrières estiment que le fait d’être éloigné du pare-brise leur permettra d’être protégé d’un accident », une croyance erronée qui persiste malgré les campagnes de sensibilisation.
Ceinture de sécurité : entre réflexe et relâchement
À l’avant, le respect de la règle est quasi unanime : 90 % des Français déclarent attacher leur ceinture de sécurité systématiquement lorsqu’ils sont passagers avant. Ce contraste souligne une faille dans la perception du risque en fonction de la place occupée dans le véhicule. Pourtant, les conséquences en cas d’accident sont tout aussi dramatiques, voire amplifiées lorsqu’un passager arrière non attaché est projeté vers l’avant.
Ce relâchement à l’arrière a des répercussions directes. CNEWS rappelle ainsi qu’en 2022, « 24 % des personnes tuées sur les routes en France ne portaient pas de ceinture de sécurité ». Ce chiffre inclut toutes les positions, mais il illustre la gravité de cette négligence, notamment dans un pays où le niveau général d’équipement des véhicules et les campagnes de prévention sont élevés. La ceinture, dispositif pourtant fondamental de protection passive, continue de faire l’objet d’une application incomplète.
Des comportements à faire évoluer pour atteindre le zéro mort
Malgré les avancées technologiques et la vigilance accrue des conducteurs, certains réflexes tardent à s’imposer pleinement. Selon Auto Plus, « la ceinture est presque devenue un réflexe… mais certains comportements posent encore problème ». En d’autres termes, le cadre réglementaire ne suffit pas à lui seul : c’est une transformation des habitudes collectives qui s’impose.
La marge de progression reste réelle, notamment sur le plan éducatif. Rendre obligatoire le port de la ceinture ne garantit pas son application. La sensibilisation reste un levier essentiel, en particulier chez les jeunes adultes et dans les zones périurbaines, où le relâchement semble plus fréquent. Car la perception de sécurité est parfois faussée. La vitesse modérée en ville ne réduit pas nécessairement les conséquences d’un choc si le passager n’est pas ceinturé. L’étude IFOP–Volvo rappelle que, malgré un taux d’adhésion de 96 %, il est impératif de cibler les derniers comportements à risque. Ce n’est qu’en uniformisant les réflexes, à toutes les places du véhicule, que les objectifs de sécurité routière pourront être atteints.




