Les stations-service suisses font maintenant face à un sacré problème : des automobilistes français trouvent la combine pour se faire du carburant gratos. Cette situation, qui fait grincer des dents les autorités helvétiques, soulève des questions sur la sûreté des installations de vente de carburant et la qualité du carburant.
Un souci de voisinage
La plupart des conducteurs concernés vivent juste à côté de la frontière suisse, où une taxe de transit a été instaurée. Ils traversent souvent pour faire le plein sans payer, grâce à l’absence de bornes de prépaiement dans certaines stations suisses. Ce phénomène touche particulièrement le canton de Vaud, avec des milliers de cas recensés chaque année dans des villes comme Bursins, Morges, Rolle, Lausanne et Prilly.
La donne s’aggrave avec un nombre important de vols signalés chaque année sur l’ensemble du territoire. Les aires d’autoroute, par exemple celles de Bursins, semblent être le terrain de jeu préféré de ces fraudeurs, rappelant les arnaques routières estivales. Dans les périodes les plus chargées, certaines stations enregistrent jusqu’à 30 pleins non réglés.
Un porte-monnaie bien mis à mal
Les pertes financières pour la Suisse sont loin d’être négligeables. On estime le manque à gagner annuel à près de 5 000 000 CHF (soit environ 5 400 000 €). Chaque année, on dénombre plus de 100 000 cas de vols de carburant, avec un préjudice global évalué à 5 millions d’euros. En moyenne, un plein non payé coûte 70 €. Branko Bjelajac, PDG de Beppo, rappelle que « certaines stations enregistrent jusqu’à 30 pleins non réglés pendant les mois de pointe ».
Un cas emblématique concerne un automobiliste marseillais, surnommé « l’étourdi à la Ford Focus », qui a réussi onze pleins en trois semaines sans débourser un centime dans les stations Tamoil et Socar, rapporte La Dépêche.
Comment réagir face à la fraude ?
Pour tenter de mettre un terme à cette situation préoccupante, les autorités suisses se servent des caméras de surveillance pour repérer les fraudeurs. Cependant, alors que des poursuites judiciaires se lancent automatiquement pour les Suisses, la donne est plus compliquée pour les conducteurs français, illustrant la rigueur du système judiciaire suisse. Vincent Derouand, au Ministère public, précise que ces dossiers sont gérés par « les greffes des affaires de masse ».
Du côté des stations-service, les gérants n’hésitent pas à mettre en place diverses stratégies pour lutter contre cette pratique. Certains préfèrent ne pas installer de bornes de prépaiement afin d’inciter les clients à acheter sur place, même si cela laisse la porte ouverte aux abus.
Des actions pour tenter de récupérer les sommes dues
Face à ces vols, les compagnies déposent systématiquement une dénonciation pénale et s’appuient sur la vidéosurveillance pour relever les plaques d’immatriculation des véhicules fautifs. L’entreprise zurichoise Beppo traite environ 70 000 cas par an en Suisse et privilégie d’abord le remboursement volontaire avant de se lancer dans les poursuites judiciaires.
Même si ces efforts sont louables, récupérer les sommes dues auprès de ressortissants étrangers demeure un sac de nœuds. La charge de travail des tribunaux ne facilite pas le traitement rapide de ces affaires.





