Depuis la fermeture du détroit d’Ormuz en mars 2026, les prix du carburant ont flambé. Emmanuel Macron propose trois mesures pour accroître la production européenne et espère ainsi alléger la facture des consommateurs. Le 18 septembre 2026, le président français a écrit à Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne, pour demander un assouplissement temporaire des normes. Mais ces mesures seront-elles réellement efficaces pour réduire les prix à la pompe ? Et qu’implique concrètement le passage au B10 pour votre véhicule ?
Comprendre la hausse des prix à la pompe : la crise d’approvisionnement
La fermeture presque totale du détroit d’Ormuz depuis mars 2026 a eu un impact majeur sur le budget carburant. Selon Emmanuel Macron, les stocks pétroliers mondiaux ont diminué de plus de 500 millions de barils. Les bombardements de raffineries russes et les tensions persistantes au Moyen-Orient aggravent la situation, entraînant une disponibilité réduite de pétrole, une demande mondiale constante et une flambée des prix dans toute l’Europe.
L’Europe dépend fortement du Moyen-Orient, important 36% de son kérosène et 18% de son gazole de cette région. Lorsqu’il y a des perturbations dans les exportations, les raffineries européennes peinent à compenser. L’Arabie saoudite utilise déjà ses réserves stratégiques, et si ces stocks s’épuisent, cela pourrait entraîner un manque de 4 millions de barils par jour sur le marché mondial, accentuant la pression sur les prix pour les automobilistes.
Les mesures de Macron pour réduire les prix : quelles implications ?
Emmanuel Macron propose de relâcher les normes européennes pour les raffineries. Dans sa lettre à Ursula von der Leyen, il suggère que cet assouplissement pourrait permettre une augmentation de la production de 5 à 20%, selon les raffineurs français. Les normes européennes sont plus strictes que celles des États-Unis, notamment sur la densité et la désulfurisation. En allégeant temporairement ces exigences, les raffineries pourraient produire plus rapidement. Toutefois, une telle augmentation de la production ne garantit pas une baisse proportionnelle des prix à la pompe, qui dépendent également des cours du pétrole brut, des taxes et de la spéculation.
La deuxième mesure consiste à passer du gazole B7 au B10, qui contient 10% de biogazole. France Info explique que cela pourrait accroître l’offre en prolongeant les stocks de diesel fossile. Cependant, tous les véhicules diesel ne sont pas compatibles avec le B10. Les véhicules récents, postérieurs à 2010, sont généralement adaptés, mais les modèles plus anciens peuvent rencontrer des problèmes mécaniques. Les constructeurs devront rapidement clarifier quels véhicules peuvent utiliser le B10 sans risque, car cela pourrait affecter l’accès aux aides gouvernementales si la voiture n’est pas compatible.
Enfin, Macron propose de reporter à 2028 l’application du règlement sur le méthane, initialement prévue pour 2027, qui exige des importateurs qu’ils déclarent les émissions de méthane. Ce report pourrait faciliter temporairement les importations d’énergies fossiles et stabiliser l’approvisionnement, mais cela suscite des critiques chez les écologistes qui y voient un recul des ambitions climatiques de l’UE.
B10 vs B7 : compatibilité des véhicules et recommandations
La compatibilité avec le B10 dépend de l’année de fabrication et de la marque du véhicule. Renault, Peugeot, Citroën et la plupart des constructeurs allemands garantissent que leurs modèles diesel postérieurs à 2010 sont compatibles. En revanche, les véhicules plus anciens, surtout ceux d’avant 2005, peuvent avoir des composants sensibles aux biocarburants. Il est conseillé aux automobilistes de vérifier le manuel d’entretien ou de contacter leur concessionnaire pour éviter des pannes coûteuses.
Les propriétaires de véhicules diesel anciens risquent d’être désavantagés si le B10 devient standard. Trouver du B7 pourrait devenir compliqué, et certains experts recommandent d’utiliser des additifs protecteurs ou de considérer un changement de véhicule. Déjà, 17% des stations sont en pénurie, ce qui rend le choix du carburant encore plus complexe pour ces conducteurs.
Quand prévoir une baisse des prix à la pompe ? L’analyse des experts
Les experts sont prudents quant à l’impact des mesures proposées par Macron. Une augmentation de 5 à 20% de la production européenne ne suffira pas à compenser la diminution de l’offre mondiale. Une baisse significative des prix nécessiterait la réouverture du détroit d’Ormuz ou une désescalade des tensions au Moyen-Orient. À court terme, les automobilistes peuvent espérer une stabilisation des prix, voire une légère diminution. Cependant, tant que les tensions géopolitiques persistent, le carburant restera coûteux. Macron l’a reconnu dans sa lettre, soulignant l’importance d’une approche coordonnée et diversifiée pour les approvisionnements énergétiques européens.
Pour les automobilistes, il est conseillé de limiter les déplacements non essentiels, d’opter pour le covoiturage et d’utiliser des applications de comparaison de prix. Le gouvernement prévoit de nouvelles aides, mais les détails restent à préciser. Cette crise rappelle la vulnérabilité de notre modèle énergétique actuel.

