Le constructeur chinois BYD ne cache plus ses ambitions : sa supercar électrique Yangwang U9 Xtreme visera la barre symbolique des 500 km/h à l’automne 2026 sur le circuit allemand de Papenburg. Quelques mois après avoir établi un record de 496 km/h, le groupe chinois s’attaque à un seuil jamais franchi par une voiture de série. Une étape majeure dans la course aux performances extrêmes qui oppose désormais les technologies électriques aux moteurs thermiques.
L’objectif affirmé : franchir enfin la barre symbolique des 500 km/h
Stella Li, vice-présidente du groupe BYD, a confirmé cette ambition lors du Festival of Speed de Goodwood. « Franchir la barre des 500 km/h, cette barre jamais atteinte dans l’histoire des voitures de série », a-t-elle déclaré devant un parterre de spécialistes automobiles. L’annonce marque un tournant stratégique pour le constructeur chinois, désormais positionné sur le segment ultra-premium des supercars électriques. BYD rejoint ainsi une poignée de constructeurs engagés dans cette quête de vitesse extrême, longtemps dominée par les motorisations thermiques européennes.
Un record déjà impressionnant : 496 km/h en septembre 2025
En septembre 2025, la Yangwang U9 Xtreme a pulvérisé les compteurs en atteignant 496 km/h sur le circuit de Papenburg, sous les mains du pilote d’essai Marc Basseng. Cette performance dépasse les 490 km/h de la Bugatti Chiron Super Sport 300+, établis en 2019 sur la piste d’Ehra Lessien. Avec ses 3 000 chevaux électriques, la supercar chinoise démontre la capacité des motorisations électriques à rivaliser avec les blocs thermiques les plus puissants. Ce record rapproche BYD de son objectif ultime, à seulement 4 km/h de la barre mythique des 500 km/h.
Papenburg, le terrain de jeu des records de vitesse
Le choix du circuit de Papenburg n’est pas anodin. Situé en Basse-Saxe, ce circuit de 12 kilomètres offre une ligne droite suffisamment longue pour atteindre des vitesses maximales en toute sécurité. Bugatti y avait déjà réalisé plusieurs tentatives avant de privilégier Ehra Lessien. Les conditions météorologiques et la qualité du revêtement jouent un rôle déterminant dans ce type de performance. BYD dispose ainsi d’infrastructures éprouvées pour pousser sa Yangwang U9 Xtreme dans ses derniers retranchements lors de la tentative programmée à l’automne 2026.
Implications pour l’industrie automobile : la montée en puissance électrique
L’offensive de BYD sur le terrain des performances extrêmes illustre la maturité croissante des technologies électriques. Pendant des décennies, les moteurs thermiques ont régné sans partage sur le segment des supercars. L’arrivée d’un constructeur chinois avec une motorisation 100 % électrique bouleverse cet équilibre. Cette évolution témoigne des progrès réalisés en matière de gestion thermique des batteries, d’aérodynamique active et de transmission de puissance. La Yangwang U9 Xtreme incarne ainsi une nouvelle génération de véhicules électriques capables de performances autrefois réservées aux moteurs à combustion.
3 000 chevaux électriques contre la tradition thermique de Bugatti
La puissance de 3 000 chevaux développée par la Yangwang U9 Xtreme surpasse largement les 1 600 chevaux de la Bugatti Chiron Super Sport 300+. Cette différence s’explique par la capacité des moteurs électriques à délivrer un couple instantané, sans temps de réponse. Toutefois, la gestion de cette puissance colossale pose des défis techniques inédits : refroidissement des batteries, stabilité aérodynamique à très haute vitesse, résistance des pneumatiques. BYD a développé des solutions spécifiques pour maintenir ces performances pendant la durée nécessaire à l’établissement d’un record homologué. La technologie 800V utilisée par le constructeur chinois facilite également la recharge rapide entre les tentatives.
Une supercar chinoise à 2,5 millions d’euros : quel marché ?
Annoncé en avril 2024 au prix de 2,5 millions d’euros (plus de 20 millions de yuans), le modèle Yangwang U9 Xtreme se positionne sur un segment ultra-confidentiel. À ce jour, un seul exemplaire a trouvé preneur sur les 30 initialement prévus. Ce chiffre interroge sur la stratégie commerciale de BYD : s’agit-il d’un exercice de style technologique ou d’une véritable ambition de conquête du marché des supercars ? La rareté du modèle et son prix stratosphérique en font davantage un outil de communication qu’un produit de masse. Néanmoins, cette démarche permet à BYD de démontrer son savoir-faire technique et de légitimer sa présence sur tous les segments du marché automobile, y compris les plus prestigieux.