Les carburants alternatifs transforment peu à peu l’univers de l’automobile en France. Le superéthanol E85 séduit notamment grâce à son prix souvent plus bas. Avec plus de 3 800 stations-service proposant ce carburant dans tout le pays, il devient facile d’y accéder. Ford, acteur incontournable du secteur, a donc lancé sa gamme Flexifuel pour répondre à cette tendance. Mais qu’est-ce qu’elle offre exactement et quels sont les enjeux pour les automobilistes ?
La gamme Ford Flexifuel
Ford a mis sur le marché une série de véhicules compatibles avec l’éthanol pour ceux qui cherchent une solution économique et respectueuse de l’environnement. Le Kuga est le seul véhicule neuf de la marque à accepter directement le superéthanol E85 dès sa sortie d’usine. Ce modèle arbore une motorisation full hybride, équipée d’un moteur 2.5 atmosphérique provenant de Mazda. En plus, d’autres modèles comme les Focus, Puma, Fiesta et certains Transit Connect se trouvent disponibles, que ce soit en stock ou sur le marché de l’occasion.
Le reste de la gamme Flexifuel roule avec le moteur trois-cylindres turbo 1.0 Ecoboost, qui passe par une chaîne avant sa conversion à l’éthanol. Par contre, des changements précoces d’injecteurs ont été signalés, et Ford reste assez restrictif sur les prises en charge hors garantie. D’autre part, le moteur 2.5 hybride du Kuga a fait l’objet d’un rappel en 2024 afin de prévenir un risque de casse moteur.
Économie et entretien
Le superéthanol E85 permet de réaliser une économie appréciable en coûtant souvent 1 € de moins que le sans-plomb 95-E10. En revanche, il peut occasionner une surconsommation pouvant atteindre jusqu’à 25%. Seules les voitures GPL, comme celles de Dacia et Renault, ou encore les véhicules électriques, affichent un coût au kilomètre aussi intéressant, malgré les débats sur l’impact environnemental des hybrides, malgré un certain scepticisme envers les véhicules électriques.
Pour ce qui est de l’entretien des véhicules Flexifuel, Ford préconise une révision annuelle ou tous les 20 000 km (alors que les motorisations essence demandent une révision tous les deux ans ou tous les 30 000 km). Certains véhicules ont même nécessité un passage au garage dès 6 000 ou 8 000 km parcourus.
L’usage du superéthanol E85
Utiliser exclusivement le superéthanol E85 soulève quelques questions sur la longévité des moteurs. Si certains garagistes conseillent d’alterner entre E85 et essence pour préserver la longévité des moteurs essence, Ford lui, déconseille de changer trop souvent : « Nous [Ford] ne recommandons pas d’alterner à plusieurs reprises entre l’E85 et l’essence ». Si un changement de carburant s’impose, il vaut mieux ajouter au moins un demi-réservoir et rouler au moins 8 km pour que le véhicule puisse bien s’ajuster.
Les propriétés de l’éthanol et ses effets
L’éthanol possède plusieurs particularités qui influencent son utilisation dans les moteurs, notamment en matière de réduction des émissions. Son taux d’octane élevé permet de réduire les risques de cliquetis et d’auto-allumage, mais il attire aussi l’eau, ce qui peut entraîner une condensation dans le réservoir. Par ailleurs, ses propriétés détergentes peuvent décaper le réservoir de ses impuretés, ce qui risque de boucher le filtre à carburant.
Pour les anciens véhicules équipés de carburateurs, ce phénomène peut poser problème si le mélange air-carburant n’est pas ajusté manuellement. En hiver, lorsque la performance thermique diminue, la concentration d’éthanol dans l’E85 est parfois réduite à 70% pour optimiser le fonctionnement.
Des boîtiers homologués permettent d’adapter des véhicules initialement non conçus pour rouler à l’E85, tout en maintenant leur garantie constructeur intacte sous certaines conditions.






