Rouler sur l’autoroute sans jamais lever le pied au péage : c’est la promesse du système free flow, dont la mise en service est prévue à partir de 2026 sur le réseau autoroutier italien. Les barrières et les postes de péage, les fameux caselli, sont appelés à disparaître progressivement. Des caméras et des capteurs se chargeront de détecter automatiquement le passage des véhicules, sans arrêt.
Le principe est simple sur le papier. Des structures surélevées, appelées portali, surplombent la chaussée et embarquent les caméras et capteurs nécessaires à l’identification des véhicules, explique le média italien Repubblica. Pour les titulaires d’un Telepass, rien ne change : le passage est associé automatiquement à leur compte. Pour les autres, les caméras captent la plaque d’immatriculation, identifient le type de véhicule, calculent le trajet effectué et le montant dû.
Le Nord de l’Italie en tête, extension programmée
Le système est déjà opérationnel sur environ 200 kilomètres de réseau, essentiellement dans le Nord du pays. Il concerne notamment l’A36 Pedemontana Lombarda, première autoroute italienne à l’avoir adopté, ainsi que l’A33 Asti-Cuneo, l’A59 Tangenziale di Como, l’A60 Tangenziale di Varese et le raccordement Ospitaletto-Montichiari, qui mène à l’A21 Piacenza-Brescia. Ces premières sections doivent servir de base à une extension progressive à l’ensemble du territoire national dans les prochaines années.
Les objectifs affichés tiennent en deux mots : fluidifier le trafic et réduire les files d’attente. Le passage au free flow s’accompagnera aussi d’une révision des tarifs et des modalités de paiement, avec des solutions numériques permettant de payer de façon plus flexible.
Quinze jours pour régulariser, sinon la facture grimpe
C’est là que le bât peut blesser pour les automobilistes non équipés. Sans Telepass ni application dédiée, l’usager doit vérifier son passage et procéder lui-même au paiement dans un délai de 15 jours, via les applications officielles des gestionnaires, leurs sites web ou des guichets physiques habilités.
Passé ce délai, le Code de la route italien prévoit un rappel, auquel peuvent s’ajouter des frais de notification. Si le péage reste impayé après ce rappel, le dossier peut être transmis à la Police routière. L’article 176 du Code de la route s’applique alors, avec des sanctions qui ne laissent guère de marge : une amende comprise entre 87 et 344 euros, le retrait de 2 points sur le permis de conduire, sans oublier le paiement du péage initial et des frais annexes de constatation et de recouvrement.
Les gestionnaires du réseau mettent également en garde contre une autre menace, plus insidieuse. Des messages frauduleux circulent par SMS ou WhatsApp, avec des liens renvoyant vers de faux paiements. La consigne est claire : toujours vérifier sa situation via les canaux officiels et éviter de cliquer sur les liens reçus par message.
Pour les automobilistes équipés d’un Telepass, la transition devrait passer inaperçue. Pour les autres, elle suppose de s’informer sur les nouvelles règles et de s’équiper des dispositifs nécessaires, faute de quoi la facture au péage pourrait vite s’alourdir d’une amende salée.



