Chez Lidl, l’astuce pour recharger la batterie de sa voiture électrique sans payer

Certains parkings Lidl disposent d’équipements permettant de récupérer quelques kilowattheures gratuitement. Une pratique discrète qui interroge sur l’avenir de la recharge des voitures électriques.

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Certains parkings Lidl disposent d'équipements permettant de récupérer quelques kilowattheures gratuitement. Une pratique discrète qui interroge sur l'avenir de la recharge des voitures électriques. Wikipedia
Certains parkings Lidl disposent d'équipements permettant de récupérer quelques kilowattheures gratuitement. Une pratique discrète qui interroge sur l'avenir de la recharge des voitures électriques. Wikipedia | L'Automobiliste

Avec plus de bornes installées sur ses parkings, Lidl est devenu un acteur inattendu de la recharge des voitures électriques en France et en Europe. Mais au-delà des bornes payantes, certains conducteurs ont identifié une autre solution, beaucoup plus discrète, permettant de récupérer de l’électricité sans débourser le moindre euro. Une pratique qui reste marginale, exige de la patience et soulève plusieurs questions sur les usages de l’espace public et l’équité entre les différents modes de mobilité électrique.

Lidl, un acteur désormais incontournable de la recharge électrique

Depuis plusieurs années, Lidl multiplie les investissements dans les infrastructures de recharge. L’enseigne a progressivement équipé une grande partie de ses magasins de bornes destinées aux véhicules électriques. L’objectif est double : offrir un service supplémentaire à ses clients et accompagner la montée en puissance de l’électromobilité.

Les tarifs pratiqués restent d’ailleurs relativement compétitifs comparés à ceux de certaines stations autoroutières. En règle générale, une recharge en courant alternatif est facturée autour de 0,29 euro par kilowattheure, tandis qu’une recharge rapide en courant continu avoisine 0,39 euro par kilowattheure. Pour un véhicule doté d’une batterie de 50 kWh, le coût d’un plein peut ainsi atteindre entre 15 et 20 euros.

Pourtant, certains automobilistes ont remarqué la présence, sur plusieurs parkings Lidl, d’espaces de stationnement dédiés aux vélos électriques. Ces zones sont équipées de prises électriques renforcées destinées à la recharge des batteries de vélos à assistance électrique. L’accès à ces prises n’est pas systématiquement contrôlé et leur utilisation n’est généralement pas conditionnée à une identification ou à un paiement.

Techniquement, il est possible d’y raccorder une voiture électrique à l’aide d’un câble de recharge adapté. La puissance délivrée demeure toutefois très limitée, de l’ordre de 1,5 à 1,6 kW. Nous sommes très loin des puissances proposées par les bornes rapides modernes, qui dépassent souvent les 100 kW.

Une recharge gratuite, mais aux bénéfices très limités

Dans les faits, cette méthode ne permet pas de faire le plein de sa batterie en quelques dizaines de minutes. Une recharge complète nécessiterait plusieurs dizaines d’heures. En revanche, laisser son véhicule branché pendant une longue période peut permettre de récupérer quelques kilowattheures.

Un véhicule stationné pendant une dizaine d’heures pourrait ainsi récupérer près de 15 à 20 kWh selon la puissance réellement délivrée. Cela représente plusieurs dizaines de kilomètres d’autonomie et quelques euros d’électricité économisés. Pour certains automobilistes disposant de temps et habitant à proximité d’un magasin Lidl, la tentation peut donc exister.

Cette pratique reste néanmoins sujette à débat. Les équipements ont été installés avant tout pour répondre aux besoins des utilisateurs de vélos électriques et favoriser les mobilités douces. Leur détournement par des automobilistes pourrait, à terme, limiter l’accès à ces infrastructures pour leur public initial.

Cette situation soulève également une question plus large. Pourquoi l’électricité est-elle mise gratuitement à disposition des cyclistes alors que la recharge des voitures électriques demeure payante et souvent encadrée ? L’écart de consommation constitue évidemment un premier élément de réponse. Recharger une batterie de vélo nécessite une quantité d’énergie très faible comparée à celle d’une automobile. Le coût pour l’exploitant reste donc marginal.

L’anecdote met surtout en lumière les enjeux économiques de la recharge publique. À mesure que le parc de véhicules électriques progresse, la fourniture d’électricité devient un véritable marché. Les distributeurs, les énergéticiens et les opérateurs spécialisés cherchent désormais à rentabiliser leurs investissements et à attirer une nouvelle clientèle grâce à leurs réseaux de bornes.

Selon les données de l’Association nationale pour le développement de la mobilité électrique et de l’Avere-France, la France a dépassé le cap des centaines de milliers de points de recharge ouverts au public et privés. Dans ce contexte, la gratuité tend progressivement à disparaître, remplacée par des modèles économiques plus structurés.

L’astuce observée sur certains parkings Lidl apparaît donc davantage comme une curiosité que comme une véritable solution de recharge. Elle illustre néanmoins l’évolution rapide de l’écosystème de la mobilité électrique et les interrogations qui accompagnent la généralisation des infrastructures de recharge. Car à l’avenir, l’accès à l’électricité pourrait devenir un critère de choix aussi important que le prix d’achat du véhicule lui-même.

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