Rappel du moteur EB2 Gen‑3 : Stellantis face à un nouveau défi de fiabilité

Le 15 juillet 2025, Stellantis lance une vaste campagne de rappel. Près de 238 000 véhicules dotés de son nouveau moteur essence trois cylindres EB2 Gen‑3, censé succéder au PureTech, sont concernés.

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Rappel du moteur EB2 Gen‑3 : Stellantis face à un nouveau défi de fiabilité © L'Automobiliste

Le 15 juillet 2025, le groupe Stellantis a ordonné le rappel de 237 992 véhicules en raison d’un défaut sur le moteur 1.2 turbo EB2 Gen‑3. Un composant mal monté sur la ligne carburant expose les conducteurs à un risque de fuite, voire d’incendie. Ce bloc, qui devait succéder au controversé PureTech, se retrouve au cœur d’une nouvelle alerte qualité.

Un défaut sur la ligne haute pression carburant : nature du problème

Le moteur EB2 Gen‑3 est une évolution du 1.2 turbo bien connu chez Stellantis. Introduit en 2023, il remplace progressivement le PureTech en se dotant d’une chaîne de distribution et d’une compatibilité micro-hybride. Pourtant, une anomalie a été détectée dans le montage du tuyau haute pression reliant la pompe à la rampe d’injection. Selon les experts du groupe, l’écrou de fixation présente un couple de serrage insuffisant, susceptible de générer une fuite de carburant en pression.

Si le groupe assure que le risque d’incendie est faible, il précise que l’intervention reste impérative. Elle consiste à vérifier et resserrer — ou au besoin remplacer — la ligne concernée. L’opération, gratuite, est prise en charge en concession et dure moins de 30 minutes.

Liste des modèles concernés : un périmètre large et stratégique

Le rappel touche près de 240 000 unités réparties sur plus de dix marques du groupe, produites entre janvier 2023 et juillet 2025. Le cœur du rappel concerne les véhicules assemblés autour des plateformes CMP et e-CMP, notamment dans les usines de Trnava, Tychy, Vigo et Sochaux.

Les modèles impactés incluent :

  • Peugeot : 208, 2008, 308 III, 408, 3008 II et III, 5008 II et III
  • Citroën : C3, C3 Aircross, C4, C4X, C5X, C5 Aircross, Basalt
  • Opel : Corsa, Mokka, Frontera, Astra, Grandland
  • DS Automobiles : DS3, DS4
  • Fiat : 600, Grande Panda
  • Jeep : Avenger
  • Alfa Romeo : Junior
  • Lancia : Ypsilon

Les automobilistes recevront une notification par courrier recommandé avec un lien de prise de rendez-vous. Un numéro de série (VIN) est disponible sur le site des constructeurs pour vérifier si le véhicule est concerné.

Les signes d’alerte incluent une odeur persistante d’essence, un voyant moteur allumé, ou une surconsommation inhabituelle. Dans tous les cas, Stellantis conseille de ne pas différer la visite en atelier, même en l’absence de symptôme visible. Le constructeur insiste sur la gratuité et la rapidité de l’intervention pour minimiser l’impact client.

Accumulation de rappels chez Stellantis : un problème structurel ?

Ce rappel s’ajoute à une série d’alertes qualité lancées ces 18 derniers mois. En février 2025, Stellantis avait déjà rappelé 1 500 véhicules hybrides pour un défaut de sertissage sur un tuyau carburant. En mai 2024, 261 Alfa Romeo Giulia ont été concernées par une fuite au niveau du capteur de pression. Plus récemment, en juillet 2025, le groupe a également lancé une campagne européenne sur plus de 1 million de véhicules diesel pour contrôler la chaîne de distribution de l’arbre à cames.

Cette récurrence d’incidents, bien que traités avec rigueur, interroge sur la robustesse du contrôle qualité dans le contexte d’industrialisation modulaire à grande échelle.

Vers une fiabilité restaurée : enjeu stratégique pour Stellantis

Le moteur EB2 Gen‑3 devait symboliser une rupture technologique. Sa conception incluait des matériaux optimisés, une compatibilité mHEV, et une chaîne au lieu d’une courroie. Pourtant, ce rappel questionne l’ensemble de la stratégie thermique du groupe.

Avec la montée en puissance de l’électrification et des normes Euro 7, Stellantis ne peut se permettre aucune défaillance, même marginale. L’image du groupe repose désormais autant sur la technologie que sur la fiabilité perçue. Ce rappel devient alors un test grandeur nature de la capacité à corriger rapidement, sans impact commercial durable.

Le rappel du moteur EB2 Gen‑3, annoncé le 15 juillet 2025, est plus qu’un simple incident technique. Il révèle les tensions inhérentes à la transition industrielle d’un groupe qui mise sur une plateforme unique pour une dizaine de marques. Face aux exigences croissantes du marché, Stellantis n’a plus droit à l’erreur. La prochaine étape ? Conserver la confiance des utilisateurs, malgré les alertes.

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