Dans une démarche jamais vue pour améliorer la sécurité sur nos routes, le préfet des Landes, Gilles Clavreul, a décidé d’appliquer une sanction inédite en France : le permis de conduire pourra être suspendu pour les conducteurs surpris en train d’utiliser leur téléphone au volant. Cette décision, qui sera effective dès octobre 2025, vise à donner un sacré électrochoc aux automobilistes et à freiner le nombre d’accidents dans le département.
Un dispositif inédit et ses bases juridiques
La nouvelle règle se fonde sur l’article 224-7 du Code de la route et peut entraîner une suspension du permis jusqu’à six mois. Approuvée par des experts en droit, cette mesure est une première pour la France, comme le souligne Gilles Clavreul. Cette information a été confirmée par Actu Landes et a d’abord été relayée par Sud Ouest. En instaurant cette sanction sévère, le préfet souhaite sensibiliser les conducteurs aux dangers liés à l’usage du téléphone pendant la conduite.
Pour que tout se passe bien, une phase d’expérimentation et de pédagogie débutera en octobre. Pendant quatre à six semaines, forces de l’ordre (gendarmes et policiers) se concentreront sur la sensibilisation en adressant d’abord des avertissements, plutôt que des sanctions immédiates. Les automobilistes seront informés qu’ils s’exposent à une suspension de permis pouvant aller jusqu’à six mois. L’idée est de faire réfléchir chacun à sa manière de conduire avant de passer à l’application stricte de la règle.
Des objectifs nets dans un environnement local préoccupant
L’objectif principal ? Secouer les consciences des usagers de la route dans les Landes. Même en intensifiant les contrôles et les efforts pour prévenir les dangers, les chiffres des accidents n’ont pas montré de réels bénéfices en 2024. En effet, pendant les huit premiers mois de l’année, 3 163 infractions pour usage de smartphone au volant ont été enregistrées dans la zone de la gendarmerie des Landes. Pour mettre cela en perspective, 1 954 suspensions administratives avaient été prononcées l’année précédente pour des délits tels que l’alcoolémie, la vitesse excessive et l’usage de stupéfiants.
Gilles Clavreul tient à préciser que la mesure ne sert pas à punir juste pour le plaisir, mais bien à encourager tous à prendre conscience des risques pour la sécurité routière. Il explique à la rédaction de Sud Ouest : « Les gendarmes et les policiers sanctionneront en cas d’infraction comme c’est déjà le cas aujourd’hui, et ils commenceront par dresser un avertissement ». Il s’agit donc d’inciter chaque conducteur à adopter une attitude plus responsable sur la route.
Réactions et perspectives d’avenir
Même si cette mesure risque de ne pas plaire à tout le monde, en particulier parce qu’elle va impacter le quotidien des habitants, elle pourrait bien inspirer d’autres départements français à essayer quelque chose de similaire pour améliorer la sécurité routière. Pour l’heure, la gendarmerie des Landes n’a pas encore reçu d’information officielle à ce sujet.
Si, après la phase pédagogique, on ne constate pas de changement dans les comportements, Gilles Clavreul envisage de mettre pleinement en application la suspension du permis comme prévu initialement : « Si on voit qu’il n’y a pas d’effet sur les automobilistes, on passera à l’étape suivante ».






