Ils veulent bannir le bruit artificiel des voitures électriques, ça va changer la conduite !

Saviez-vous que le bruit routier fait perdre jusqu’à 1,3 million d’années de vie en bonne santé en Europe chaque année ?

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Ils veulent bannir le bruit artificiel des voitures électriques, ça va changer la conduite !
Ils veulent bannir le bruit artificiel des voitures électriques, ça va changer la conduite ! © L'Automobiliste

La mobilité électrique a longtemps été présentée comme une solution pour rendre les villes plus calmes. Mais la réalité dévie de cette promesse avec l’arrivée de sons artificiels sur de plus en plus de véhicules électriques. Le débat agite l’Union européenne et les instances internationales au sujet des effets de ces bruitages sur la santé publique et la qualité de vie urbaine.

Des sons obligatoires : comment ça marche ?

Depuis le 1er juillet 2021, les voitures électriques et hybrides en Europe doivent être équipées d’un système d’alerte acoustique (AVAS). Ce dispositif émet un son jusqu’à 20 km/h pour avertir les piétons, en particulier les personnes malvoyantes, de la présence du véhicule. Il s’éteint automatiquement au-delà de cette vitesse pour limiter les nuisances sonores. Le règlement européen de 2019 prévoit cette obligation, et une extension à 30 km/h est envisagée pour renforcer la sécurité, illustrant l’impact des réglementations européennes.

Chaque constructeur peut choisir le type de son diffusé par l’AVAS. L’enjeu consiste à trouver le juste milieu entre la sécurité et la réduction des nuisances en ville. Plus de 110 millions de personnes en Europe sont exposées à des niveaux sonores jugés nocifs, ce qui montre bien l’importance de maintenir ces nuisances sonores à un niveau bas, surtout en zone urbaine.

Les ESES en question : nouvelles sonorités extérieures

Les Exterior Sound Enhancement Systems (ESES), ou systèmes d’amélioration du son extérieur, sont au cœur des discussions. Ces dispositifs permettent de diffuser des bruits artificiels qui ne répondent pas à une nécessité de sécurité. La Commission économique des Nations unies pour l’Europe (CEE-ONU) a lancé des discussions depuis 2024, avec une décision attendue en février 2026.

L’Organisation internationale des constructeurs automobiles (OICA) défend l’idée que le son est « partie intégrante de l’ADN automobile ». Des marques comme Hyundai et Dodge ont déjà développé des signatures sonores spécifiques, comme le faux son de V8 pour le Dodge Charger Daytona. Les entreprises affirment que ces sons préservent « l’émotion, le dynamisme et l’identité de marque », même pour les véhicules électriques.

Des voix s’opposent à ces bruitages, notamment en France, aux Pays-Bas et en Suisse. Selon le magazine Automobile Propre, ils estiment que l’autorisation de tels sons risquerait d’annuler une partie des bénéfices sonores promis par la mobilité électrique, exacerbant potentiellement le mal des transports. L’Agence européenne pour l’environnement (AEE), appuyée par l’Organisation mondiale de la santé (OMS), avance ces arguments au titre de la santé publique, rappelant que le bruit routier cause entre 1 000 000 et 1 300 000 années de vie en bonne santé perdues chaque année en Europe. Pour ces pays, alors que les villes cherchent à améliorer la qualité de vie, ces bruitages représentent un contresens historique.

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