Carlos Tavares, le pilier de Stellantis, annonce sa retraite pour janvier 2026

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Carlos Tavares, le pilier de Stellantis, annonce sa retraite pour janvier 2026 © L'Automobiliste

Le 11 octobre 2024, Stellantis a officialisé le départ à la retraite de son directeur général, Carlos Tavares, prévu pour janvier 2026. Un tournant majeur pour le groupe automobile franco-italo-américain, ouvre une période de transition stratégique. Le successeur de Tavares, figure emblématique de l’industrie automobile, devra poursuivre la transformation engagée tout en s’adaptant aux évolutions rapides du secteur.

Carlos Tavares : une carrière marquée par la rigueur et la transformation

Carlos Tavares, né au Portugal en 1958, a entamé sa carrière chez Renault en 1981, où il a gravi les échelons jusqu’à devenir directeur général adjoint. Connu pour son exigence et sa vision stratégique, il rejoint PSA Peugeot Citroën en 2014, à un moment où le constructeur français est en grande difficulté financière. Sa mission principale : redresser un groupe en crise, avec des pertes s’élevant à 5 milliards d’euros sur l’année 2012.

Sous sa direction, PSA se transforme rapidement. Il met en place une politique de réduction drastique des coûts, de simplification des gammes et de renforcement de la rentabilité. En moins de cinq ans, PSA redevient bénéficiaire, dépassant les attentes avec un résultat net de 2,8 milliards d’euros en 2017. La performance de Carlos Tavares est saluée par l’ensemble de la profession, ce qui lui vaut une réputation de « redresseur de groupes ».

En 2021, il orchestre la fusion historique entre PSA et Fiat Chrysler Automobiles (FCA), donnant naissance à Stellantis, quatrième groupe automobile mondial en termes de volume de ventes. Dès les débuts de Stellantis, Tavares s’attelle à la mise en Å“uvre de synergies entre les 14 marques du groupe, comme Peugeot, Jeep, Opel et Alfa Romeo. Il vise des économies de l’ordre de 5 milliards d’euros par an, un objectif qu’il atteint en 2023, grâce à une gestion efficace des plateformes et à une meilleure intégration des services.

Un départ programmé, des défis à surmonter pour Stellantis

À 68 ans, Carlos Tavares estime qu’il est temps pour lui de quitter ses fonctions, après plus de 40 ans dans l’industrie automobile. « En 2026, la personne qui vous répond aura 68 ans, c’est un âge raisonnable pour prendre sa retraite », avait-il expliqué lors d’une visite à l’usine historique de Sochaux, en octobre 2024. Son départ est programmé pour janvier 2026, permettant une transition en douceur. Le conseil d’administration de Stellantis, dirigé par John Elkann, a d’ores et déjà lancé le processus de recherche d’un successeur, qui devrait être finalisé d’ici la fin de l’année 2025.

La succession de Tavares intervient à un moment charnière pour Stellantis. Le groupe doit affronter des enjeux de taille, notamment la transition énergétique et le virage vers les véhicules électriques. Sous l’impulsion de Tavares, Stellantis a renforcé ses investissements dans ce domaine, avec un budget de 30 milliards d’euros alloué à la R&D et à la production de modèles électriques et hybrides sur la période 2021-2025. Le groupe vise une part de 100% de ventes de véhicules électriques en Europe d’ici 2030.

Cependant, le marché chinois reste un point de faiblesse pour Stellantis, qui peine à rivaliser avec les constructeurs locaux sur le segment électrique. Carlos Tavares a récemment réorganisé l’équipe dirigeante de la région, nommant Doug Ostermann à la tête des opérations financières, avec pour mission de dynamiser la stratégie du groupe en Asie.

Réorganisation managériale pour une meilleure performance

En prévision du départ de Carlos Tavares, Stellantis a initié une série de réformes au sein de sa direction. Natalie Knight, jusqu’alors directrice financière, a cédé sa place à Doug Ostermann, ancien responsable des opérations en Chine. Jean-Michel Imparato prend désormais la tête de la région Europe, succédant à Uwe Hochgeschurtz. Par ailleurs, la gestion des approvisionnements a été transférée à la direction industrielle afin d’améliorer les performances et la résilience de la chaîne logistique.

Ces ajustements s’inscrivent dans un contexte de « transformation darwinienne » de l’industrie automobile, pour reprendre les termes de Carlos Tavares. « Afin de simplifier et d’améliorer la performance de son organisation dans un environnement mondial turbulent, Stellantis doit se concentrer sur ses priorités stratégiques », a-t-il déclaré. L’objectif est clair : renforcer la compétitivité du groupe face à une concurrence accrue, notamment en Europe et aux États-Unis.

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