Cette rumeur sur Waze revient chaque année : est-il vraiment possible de pirater votre itinéraire pour vous tendre un guet-apens ?

Des vidéos virales affirment que des pirates piègent les automobilistes via Waze. Vrai danger ou fake géant fabriqué par IA ? Un expert en hacking répond, et sa réponse surprend.

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Cette rumeur sur Waze revient chaque année : est-il vraiment possible de pirater votre itinéraire pour vous tendre un guet-apens ?
Cette rumeur sur Waze revient chaque année : est-il vraiment possible de pirater votre itinéraire pour vous tendre un guet-apens ? © L'Automobiliste

Cette publication relance une rumeur qui n’a rien de nouveau : elle revient régulièrement sur les réseaux sociaux depuis plusieurs années. TF1 avait déjà mené une enquête à l’été 2025 après avoir repéré des vidéos similaires sur TikTok, certaines cumulant plusieurs millions de vues. Le scénario, lui, ne varie guère : des « pirates » détourneraient l’application de cartographie pour attirer des automobilistes vers des lieux isolés et les agresser.

Un mécanisme jugé quasiment impossible

Selon les publications virales, il suffirait de multiplier les faux signalements sur Waze pour forcer l’application à proposer un itinéraire secondaire, transformant une simple déviation en guet-apens. Les vidéos qui accompagnent ce récit montrent souvent des scènes d’agression, mais décorrélées de tout contexte lié à l’application : plusieurs images proviennent en réalité de l’étranger, sans qu’aucune mention de Waze n’apparaisse dans les sources locales.

D’autres séquences ont carrément été générées par intelligence artificielle, certaines portant le logo de Veo, le générateur de vidéos par IA de Google, et publiées par des comptes viraux qui jouent sur la peur des usagers de la route.

Interrogé par TF1, l’expert en hacking Centho balaie l’hypothèse d’un piratage ciblé, expliquant que pirater un itinéraire comme cela relève quasiment de l’impossible. Selon lui, seul un acteur étatique, comme un service de renseignement, serait en mesure de pirater un téléphone à distance, pas un simple hackeur cherchant à monter une arnaque.

Le système de suggestion d’itinéraire de Waze ne repose d’ailleurs pas uniquement sur les signalements des utilisateurs : il prend aussi en compte les conditions de circulation observées par d’autres usagers, notamment les embouteillages. Pour espérer influencer réellement un trajet, des pirates devraient donc mobiliser simultanément des centaines, voire des milliers de smartphones, une opération jugée très improbable pour viser une seule personne.

Une faille bien réelle avait pourtant été identifiée en 2016 par des chercheurs de l’université de Santa Barbara, en Californie, qui étaient parvenus à espionner en temps réel les déplacements d’utilisateurs de Waze. Google avait alors dénoncé des idées fausses tout en mettant à jour l’application dans la foulée. Rien de comparable, cependant, avec le scénario d’embuscade décrit dans les vidéos virales de 2025 et le message publié sur X en 2026.

Un autre phénomène, sans rapport avec un piratage, a été rapporté par Le Télégramme : celui des « dépanneurs pirates ». Ces individus repèrent les signalements de panne sur les applications GPS et se rendent sur place avant les véritables dépanneurs, pour profiter de l’urgence et facturer leurs prestations à des prix exorbitants. Le phénomène reste toutefois marginal.

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