Mauvaise nouvelle pour les automobilistes : les voitures électriques d’occasion s’arrachent si vite que les prix ont bondi de 25% en quelques mois

Une Renault Zoé sur deux a disparu des petites annonces en un an, et son prix a bondi de 25 %. La flambée du gazole rebat les cartes de l’occasion électrique.

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Mauvaise nouvelle pour les automobilistes : les voitures électriques d'occasion s'arrachent si vite que les prix ont bondi de 25% en quelques mois
Mauvaise nouvelle pour les automobilistes : les voitures électriques d’occasion s’arrachent si vite que les prix ont bondi de 25% en quelques mois © L'Automobiliste

Il y a un an, le marché français comptait encore environ 4 500 annonces de Renault Zoé d’occasion. Il n’en reste plus que 640, soit une chute de 86 %, alerte le site Automobile Propre. Dans le même temps, le prix moyen du modèle a progressé de 25 %, pour atteindre 14 985 euros.

Ce cas illustre un mouvement plus large. Selon La Centrale, le stock global de voitures électriques d’occasion a diminué de 32 % sur un an au troisième trimestre 2026. Pour les modèles affichés sous 20 000 euros, la contraction atteindrait même 48 %.

La demande se concentre justement sur ce segment accessible, avec des citadines comme la Peugeot e-208, la Fiat 500e, la Dacia Spring ou la Volkswagen ID.3, recherchées sous la barre des 15 000 euros.

Pendant longtemps, l’électrique d’occasion souffrait au contraire de fortes décotes, une situation qui avantageait les acheteurs mais pénalisait les vendeurs, en partie à cause de la baisse rapide des prix du neuf qui pesait sur la valeur résiduelle des véhicules. Il y a encore quelques mois, ces modèles étaient loin de faire l’unanimité. La situation a changé rapidement.

Le déclencheur tient au prix des carburants. En septembre 2026, le gazole a dépassé 2,30 euros le litre en France, sous l’effet des tensions autour du détroit d’Ormuz et de la mer Rouge, qui pèsent sur le marché pétrolier et les coûts de transport. Pour un automobiliste qui roule beaucoup, une électrique plus chère à l’achat devient alors intéressante si elle permet de réduire les dépenses d’énergie au fil des kilomètres.

Les recherches en ligne traduisent cette bascule. D’après La Centrale, elles ont progressé de 150 % le 13 septembre 2026 par rapport au 27 février, avant de culminer à 214 % de leur niveau du 28 février, avec plus de 130 000 recherches enregistrées le 20 septembre.

La progression a démarré dès mars 2026, presque au lendemain du déclenchement des tensions au Moyen-Orient. Une recherche n’est toutefois pas un achat : elle traduit une intention, pas une vente effective.

Les ventes réelles confirment la tendance

Les transactions suivent la même courbe. Selon AAA DATA, 15 928 voitures électriques d’occasion ont changé de main en août 2026, soit une progression de 32 % sur un an, alors que l’ensemble du marché de l’occasion reculait de 5 % sur le même mois. Depuis janvier 2026, le cumul atteint 162 032 transactions, en hausse de 52 %.

Au deuxième trimestre, Avere-France et Mobilians recensent 72 244 voitures électriques d’occasion vendues, soit 42 % de plus qu’au premier trimestre. Les modèles les plus échangés durant cette période étaient la Renault Zoé, la Peugeot e-208, la Tesla Model 3 et la Fiat 500.

Côté prix, l’Observatoire La Centrale relève une hausse de 9 % sur un an pour les citadines électriques d’occasion. Toutes catégories confondues, le prix moyen d’une électrique d’occasion atteint 25 593 euros au troisième trimestre, en progression de 9,7 % sur un an, contre moins de 18 000 euros en moyenne pour l’essence et le diesel d’occasion.

Les délais de vente se sont eux aussi inversés : selon CapCar, un véhicule électrique mettait huit jours de plus qu’un modèle thermique comparable à trouver preneur il y a un an. Il se vend désormais trois jours plus vite.

L’arrivée des grandes vagues de leasing et des flottes d’entreprise devrait étoffer l’offre dans les mois à venir. La première édition du leasing social, lancée en 2024, avait permis à 50 000 ménages de louer une électrique neuve pendant au moins trois ans.

Une nouvelle édition, ouverte depuis le 16 juillet 2026, offre les mêmes conditions à 50 000 foyers supplémentaires, avec un loyer plafonné à 200 euros par mois et sans apport initial. Les contrats durant au minimum trois ans, ces véhicules ne rejoindront le marché de l’occasion qu’ultérieurement. Les modèles électriques commercialisés en nombre depuis 2023 commencent, eux, tout juste à atteindre la seconde main.

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