Où se trouve le lithium en Algérie ?

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Où se trouve le lithium en Algérie ?
Où se trouve le lithium en Algérie ? © L'Automobiliste

La Société nationale de recherche et d’exploitation minière (Sonarem) a levé le voile le 9 juin sur les zones géographiques les plus prometteuses pour le lithium en Algérie. Alors que ce minerai stratégique est au cœur de la transition énergétique mondiale, le pays espère capitaliser sur ses ressources naturelles pour bâtir un écosystème local autour de la batterie électrique. Le lithium devient, plus que jamais, un enjeu de souveraineté et de projection industrielle pour l’Algérie.

Chotts et Hoggar : les nerfs géologiques de la bataille pour le lithium

Le lithium, mot-clé de toutes les stratégies énergétiques du XXIe siècle, semble enfin figurer en bonne place sur la carte minière algérienne. Le président-directeur général de la Sonarem l’a confirmé lors d’un entretien relayé par El Moudjahid, le potentiel géologique du pays en matière de lithium « se trouve au niveau des chotts et au niveau des roches du Hoggar ». Autrement dit, dans les étendues salines du Nord-Est et dans les entrailles granitiques du grand Sud.

Une déclaration corroborée par Belkacem Soltani, cadre de la Sonarem, sur les ondes de la Radio nationale, qui a précisé que « l’Office national de la recherche géologique et minière (ORGM) est en train de travailler pour évaluer le potentiel exact de lithium » dans les roches du Hoggar. À ce stade, aucune estimation chiffrée précise n’a été rendue publique. Mais les indices géologiques sont suffisants pour justifier une intensification des prospections.

Karim Zaghib et la stratégie de l’amont : entre phosphate, fer et lithium

Pour piloter cette mutation industrielle, le gouvernement a rappelé un nom que les cercles technologiques connaissent bien. Le professeur Karim Zaghib, figure internationale de la recherche sur les batteries lithium-ion, a été officiellement associé à l’initiative algérienne. D’après les propos du PDG de la Sonarem, cités dans TSA Algérie, un accord a été passé avec Zaghib pour « lancer les deux premières transformations de fer et de phosphate », en attendant que le potentiel du lithium soit pleinement confirmé.

Une approche stratégique, l’Algérie ne veut pas simplement extraire du minerai, elle souhaite intégrer la chaîne de valeur en construisant un complexe industriel de production de batteries. Le professeur Zaghib, dans une intervention sur Radio Algérienne le 7 avril 2025, affirmait : « Il faut créer une école de la batterie, une stratégie complète autour de l’écosystème électrique incluant fer, phosphate, lithium et silicium. » Une manière de prévenir l’échec d’une exploitation en silo et de garantir une montée en compétence locale.

Une ambition géoéconomique claire : devenir incontournable sur la scène mondiale

Au-delà de l’effet d’annonce, le pays avance ses pions. La Sonarem collabore désormais étroitement avec Ganfeng Lithium, géant chinois du secteur, pour accélérer l’évaluation technique des gisements. Le site de Tamanrasset, In Guezzam et les grands chotts sont surveillés de près. L’objectif est limpide : produire, raffiner et intégrer. À l’Agence de presse algérienne (APS), le ministre de l’Énergie et des Mines Mohamed Arkab déclarait en mars 2025 que « l’Algérie dispose de ressources importantes de lithium dans les régions du Sud » et que le pays souhaite « intégrer la chaîne de valeur des batteries au niveau mondial ».

Ce type d’affirmation traduit une volonté étatique d’attirer les investissements et les transferts technologiques. Reste à ne pas répéter les erreurs du passé. Les ressources minières algériennes ont souvent été victimes d’une sous-exploitation chronique, faute d’infrastructures, de financements ou de coordination. L’enjeu est donc aussi institutionnel.

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