En Algérie, le litre de diesel reste à 20 centimes d’euro : les automobilistes français qui découvrent ce prix n’en reviennent pas

En pleine tempête économique mondiale, l’Algérie se distingue par des prix de carburant étonnamment bas.

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En Algérie, le litre de diesel reste à 20 centimes d'euro : les automobilistes français qui découvrent ce prix n'en reviennent pas
En Algérie, le litre de diesel reste à 20 centimes d’euro : les automobilistes français qui découvrent ce prix n’en reviennent pas © L'Automobiliste

Les secousses géopolitiques font régulièrement bouger les marchés mondiaux et font souvent monter les prix des carburants, ce qui pèse sur le budget des ménages. Pourtant, l’Algérie ressemble à un îlot de stabilité au milieu de cette tempête économique. Alors que la guerre au Moyen-Orient continue de faire fluctuer les cours du pétrole dans le marché pétrolier mondial, les tarifs intérieurs algériens pour les carburants restent étonnamment bas. Cette stabilité attire l’attention et met en lumière la politique économique singulière de ce pays nord-africain.

Tensions internationales et défis économiques

Le récent conflit au Moyen-Orient, avec notamment l’Iran et des tensions renforcées autour du détroit d’Ormuz, a déclenché une véritable « guerre mondiale des hausse des prix« . Dans de nombreux pays, d’Europe aux Amériques, jusqu’en Asie du Sud-Est, les effets se font sentir. En France, par exemple, le litre de diesel a augmenté d’environ 0,50 € depuis le début des hostilités, tandis que le prix du litre d’essence a grimpé de 0,30 à 0,40 €. Les États-Unis, d’autres pays européens et la Thaïlande connaissent des hausses similaires, aggravées par les incertitudes géopolitiques et la hausse des coûts de production.

Des prix qui tiennent bon en Algérie

En Algérie, au contraire, le prix du carburant est resté stable, offrant un contraste net avec l’augmentation observée ailleurs. Le diesel y est vendu à environ 31 dinars (0,20 €) le litre, tandis que l’essence coûte environ 47 dinars (0,30 €). Ces tarifs ont quasiment été gelés pendant plusieurs années, à l’exception d’un ajustement limité au 1er janvier 2026, la première révision en six ans.

Cette stabilité ravit et rassure les automobilistes algériens. Abderrahmane, un conducteur de Sétif, confie à franceinfo : « En réalité, ici, il n’y a aucune augmentation des prix, ni sur les carburants, ni sur d’autres produits, comme s’il n’y avait pas de guerre. On est tranquille. » Pour lui, faire le plein de son SUV pour 1 500 dinars (≈ 8 €) reste un vrai avantage.

Subventions : ce qui se passe et ce que ça pose

La principale explication de cette stabilité, c’est la politique de subventions en Algérie. Abderrahmane Mebtoul, économiste et spécialiste des politiques énergétiques, rappelle que « l’Algérie subventionne à la fois, bien entendu, toute l’énergie, mais aussi le pain, les écoles, les universités, etc. » En 2026, ce sont 657 milliards de dinars (≈ 5 milliards d’euros) qui ont été consacrés aux subventions pour les produits de large consommation, carburants inclus.

Ces aides permettent de maintenir des prix accessibles, mais elles entraînent aussi du gaspillage et de la surconsommation, rendant difficile une évaluation précise des coûts réels. Par ailleurs, le revenu moyen d’un Algérien représente environ 20 % de celui d’un Européen, ce qui renforce la nécessité de telles aides pour soutenir la consommation locale.

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