Aucune plaque d’immatriculation française ne comporte les lettres I, O ou U. C’est l’affirmation avancée par le personnage de Morgane Alvaro, la consultante interprétée par Audrey Fleurot dans la série HPI, diffusée sur TF1. Dans l’épisode du jeudi 29 mai 2025, ce détail permet à son personnage, consultante auprès d’une brigade d’enquêteurs de la police judiciaire de Lille, de résoudre une affaire dont la clé se cache justement dans une combinaison de plaques. Le HuffPost a vérifié l’information : elle est exacte.
Trois voyelles bannies pour éviter les confusions
Le site du gouvernement confirme que le I, le O et le U ne figurent jamais sur les plaques françaises. La raison tient à la lisibilité. Le I ressemble trop au chiffre 1 et le O est aisément pris pour un 0. Ces confusions poseraient problème aussi bien pour l’identification d’un véhicule que pour la verbalisation d’un conducteur, notamment sur les clichés pris par les radars.
Cette règle s’applique depuis la mise en place du SIV, le Système d’Immatriculation d’un Véhicule, qui a remplacé en 2009 l’ancien fichier national des immatriculations devenu incompatible avec le développement des systèmes informatiques. Le format actuel comprend sept caractères alphanumériques répartis en deux lettres, trois chiffres puis deux lettres, séparés par des traits d’union, selon le modèle AA-123-BB. La combinaison est attribuée automatiquement, dans l’ordre chronologique, sans que le propriétaire du véhicule puisse choisir son numéro.
Le sigle « SS » écarté du système informatique
Une autre restriction existe : la combinaison SS n’apparaît jamais sur une plaque. Le site des immatriculations en France la présente comme la seule association de deux lettres interdite. Cette combinaison pourrait renvoyer, volontairement ou non, à l’Allemagne nazie. L’interdiction répond aux exigences du Code pénal, qui réprime le port ou l’exhibition d’insignes rappelant des organisations responsables de crimes contre l’humanité. Le système informatique en charge de l’attribution écarte automatiquement ce type de combinaison lors de la génération des plaques.
Une interdiction plus locale existe également en Haute-Garonne : il y est interdit de circuler avec une plaque antérieure à 2009 affichant les lettres « AZF », en référence à l’explosion de l’usine du même nom, survenue le 21 septembre 2001 et qui avait fait 31 morts. Avant la réforme du SIV, les plaques pouvaient encore comporter des sigles à trois lettres, une possibilité disparue avec le nouveau format à sept caractères.
Reste que la modernisation du système, si elle a permis d’harmoniser l’immatriculation à l’échelle nationale, n’a pas totalement éliminé les difficultés d’interprétation des caractères par les systèmes de reconnaissance optique. Les similitudes entre certaines lettres et certains chiffres continuent de compliquer, ponctuellement, le suivi automatisé des véhicules.





