Hausse des prix des carburants : Le gouvernement laisse les automobilistes se démerder

Le prix du carburant atteint des sommets historiques en France, avec le gazole à 2,29 euros le litre et l’essence SP95-E10 à 2,12 euros. Le blocage du détroit d’Ormuz et la réduction des capacités de raffinage expliquent cette flambée. Malgré une réunion à Bercy, le gouvernement n’annonce aucune aide nouvelle, invoquant l’état des finances publiques.

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Prix du carburant : pourquoi a-t-il autant diminué ?
Hausse des prix des carburants : Le gouvernement laisse les automobilistes se démerder © L'Automobiliste

Le prix du gazole atteint en moyenne 2,29 euros le litre en France, tandis que le SP95-E10 se situe à 2,12 euros. Ces niveaux n’avaient pas été observés depuis juin 2022. Le 9 septembre, alors que le prix du baril de Brent dépassait les 100 dollars pour la première fois depuis juillet, le ministère de l’Économie a convoqué les distributeurs de carburant. Aucune mesure concrète n’en a résulté. Invoquant la situation des finances publiques, le gouvernement refuse toute aide généralisée, laissant les automobilistes faire face à des coûts en hausse.

Depuis le début du conflit au Moyen-Orient fin février 2026, le prix du gazole a augmenté de plus de 31 %, selon l’Union française des industries pétrolières (Ufip). Le SP95-E10 a suivi une hausse similaire, passant de 1,72 euro à 2,12 euros en six mois. Alors que la crise énergétique de 2022 avait déjà entraîné une hausse des prix, la situation actuelle apparaît encore plus figée, sans amélioration à court terme.

Le blocage du détroit d’Ormuz

La quasi-fermeture du détroit d’Ormuz est une cause majeure de cette flambée des prix. Avant le conflit, ce passage stratégique voyait transiter un cinquième de l’offre mondiale de pétrole et de gaz naturel liquéfié. L’Iran a revendiqué des frappes sur plusieurs navires, dont deux américains, huit pétroliers et dix embarcations commerciales, invoquant la légitime défense après des frappes américaines sur ses pétroliers.

L’agence maritime britannique UKMTO a rapporté plusieurs navires en feu dans le Golfe, sans préciser le nombre de victimes. La télévision iranienne a évoqué une explosion inexpliquée près du détroit. Les Gardiens de la Révolution ont annoncé l’extension de la zone interdite à une partie du golfe d’Oman et de la mer d’Arabie, menaçant de sanctions tout navire non autorisé.

Le trafic maritime est pratiquement à l’arrêt dans la région depuis plusieurs semaines, atteignant un niveau bas record depuis mai. Le mercredi, le Brent de la mer du Nord a grimpé de 3,4 %, atteignant 101,21 dollars, tandis que le West Texas Intermediate progressait de 3,25 % à 96,05 dollars. Le jeudi matin, le Brent dépassait les 101,60 dollars.

Raffineries sous pression

Au-delà des tensions maritimes, les capacités de raffinage mondiales sont également touchées. Depuis mars, des frappes ont endommagé des sites au Moyen-Orient, notamment en Arabie saoudite et au Koweït. En Russie, des drones ukrainiens ont mis hors service plusieurs raffineries, dont celle de Kirichi, fin août. Ces incidents réduisent l’offre de diesel et d’essence, impactant directement les prix en Europe.

La marge brute de raffinage sur Brent a atteint 48,71 dollars par baril en septembre, contre 38,05 dollars en août. Dominique Schelcher, PDG de Coopérative U, a souligné l’envolée des marges dans le raffinage, estimant que le secteur pourrait faire un effort.

Distributeurs et raffineurs sous pression

Le patron de Coopérative U a défendu son secteur, affirmant que les marges sur le carburant sont réduites, le carburant étant devenu un produit d’appel où les clients recherchent les prix les plus bas. Il a critiqué la « concurrence déloyale » de TotalEnergies, qui a plafonné ses prix à 1,99 euro pour l’essence et 2,25 euros pour le diesel en France, provoquant des pénuries dans certaines stations.

Les volumes de carburant vendus par Coopérative U ont chuté de 7 % depuis le début de l’année, attribués à la concurrence de TotalEnergies et au changement de comportement des Français qui limitent leurs déplacements. Cette baisse témoigne de l’impact des prix élevés sur la consommation.

Aucune aide gouvernementale prévue

Le gouvernement a réuni les distributeurs pour « suivre la situation », mais aucune nouvelle aide n’a été annoncée. Le gouvernement refuse un plafonnement généralisé des prix ou une baisse de la fiscalité, citant l’état des finances publiques. Seul le chèque de 100 euros pour les « grands rouleurs » reste en vigueur, mais certains bénéficiaires ne l’ont pas encore réclamé. Dominique Schelcher a reconnu la difficulté de mettre en œuvre un plafonnement général, appelant à soutenir ceux qui en ont le plus besoin.

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