En mer Rouge, les pirates épargnent mystérieusement les cargos de véhicules chinois : la raison intrigue les experts

Les porte-voitures chinois naviguent sereinement au milieu des attaques maritimes en mer Rouge. Un mystère s’installe : un accord secret entre Pékin et les houthis ?

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En mer Rouge, les pirates épargnent mystérieusement les cargos de véhicules chinois : la raison intrigue les experts
En mer Rouge, les pirates épargnent mystérieusement les cargos de véhicules chinois : la raison intrigue les experts © L'Automobiliste

Depuis novembre 2023, la mer Rouge est le théâtre d’attaques maritimes qui chamboulent le commerce international. Les rebelles houthis, qui soutiennent les Palestiniens de Gaza, n’hésitent pas à attaquer les navires marchands pour voler, piller, ou même couler ces bateaux. Étonnamment, dans ce climat difficile, les porte-voitures chinois semblent voguer sereinement.

Attaques et exceptions étonnantes

Les houthis s’en prennent à divers navires commerciaux, semant l’inquiétude parmi les compagnies maritimes. Pourtant, depuis juin, une exception se fait remarquer : les porte-voitures transportant exclusivement des véhicules chinois échappent à ces incidents. De façon surprenante, certains navires non chinois mais chargés uniquement de voitures fabriquées en Chine passent également sans encombre. On peut se demander si Pékin n’aurait pas passé un accord de derrière les fagots avec les houthis.

Répercussions sur le transport maritime

Face à ces attaques répétées, de nombreuses compagnies maritimes décident de longer l’Afrique pour éviter la mer Rouge. Résultat : leurs trajets s’allongent de 14 à 18 jours, avec à la clé des surcoûts pouvant atteindre plusieurs millions d’euros par voyage. Cette déviation complique la logistique et fait grimper le coût par véhicule pour les transporteurs traditionnels.

Ententes possibles entre pékin et les houthis

L’hypothèse d’un accord discret entre Pékin et les houthis se renforce grâce aux liens étroits entre la Chine et l’Iran. La Chine, principal client du pétrole iranien, dispose d’un certain poids dans la région. D’après l’Office of Foreign Assets Control (OFAC) américain, un haut responsable houthi aurait affirmé garantir la sécurité des navires chinois et russes dans cette zone stratégique. Certains analystes de l’Institute for the Study of War vont même jusqu’à penser que Pékin et Moscou pourraient fournir un soutien matériel aux houthis.

Effets sur le commerce et le marché européen

Cette situation offre un avantage logistique non négligeable aux constructeurs chinois qui cherchent à renforcer leur présence en Europe. En effet, alors que certains droits de douane européens peuvent atteindre 35 % sur certaines importations, cet avantage facilite la tâche aux Chinois. Ainsi, en avril dernier, les constructeurs chinois représentaient près de 5 % du marché européen, soit le double par rapport à l’année précédente. Cette progression rapide révèle la montée en puissance des constructeurs automobiles chinois sur la scène mondiale.

Retombées mondiales et questions éthiques

Le passe-droit dont bénéficient les cargos chinois soulève des interrogations, notamment vis-à-vis des concurrents japonais, coréens ou européens. Ni Pékin ni les houthis n’ont confirmé officiellement l’existence d’un accord, mais cette situation crée une nette inégalité dans le secteur. La question se pose alors : jusqu’où peut-on tolérer que des arrangements informels modifient autant le commerce international ?

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