En pleine tempête médiatico-judiciaire, Tesla a de nouveau choisi la surenchère technologique pour reprendre la main. Depuis son compte X (ex-Twitter), Elon Musk a révélé, le 6 août, l’entraînement d’un nouveau modèle Full Self‑Driving (FSD) « environ dix fois plus puissant » que son prédécesseur, avec une amélioration majeure de la compression vidéo. Une version publique pourrait être déployée dès fin septembre, si les phases de test se déroulent comme prévu.
Un Full Self‑Driving boosté à la promesse algorithmique
Dans une déclaration publiée le 6 août 2025, Elon Musk a indiqué : « Tesla entraîne un nouveau modèle FSD avec environ dix fois plus de paramètres et une nette amélioration de la perte de compression vidéo. Il pourrait être prêt pour un déploiement public d’ici la fin du mois prochain si les tests se passent bien. », Elon Musk, X (anciennement Twitter).
L’annonce évoque un bond en puissance algorithmique, avec un système qui traiterait dix fois plus de paramètres, laissant entrevoir une réactivité accrue, une perception améliorée de l’environnement et des décisions plus fluides. Le FSD nouvelle génération viserait une conduite quasiment autonome dans des contextes urbains denses, un objectif qui reste, pour l’heure, encore hors de portée sur le plan réglementaire.
Tempête judiciaire : Tesla sous le feu des tribunaux
Mais cette annonce survient dans un contexte pour le moins défavorable. Quatre jours plus tôt, un jury fédéral américain a reconnu Tesla partiellement responsable d’un accident mortel survenu en Floride en 2019, impliquant l’Autopilot. Le verdict a condamné le constructeur à plus de 300 millions de dollars de dommages. Les jurés ont estimé que la présentation marketing de l’Autopilot, perçu comme un système autonome par de nombreux utilisateurs, avait trompé les conducteurs sur son niveau réel de délégation, alors qu’il ne s’agit légalement que d’un assistant de conduite.
À cela s’ajoute une plainte déposée par plusieurs actionnaires de Tesla. Ces derniers accusent Elon Musk et la direction du groupe d’avoir sciemment surestimé les capacités du FSD tout en masquant les risques techniques et juridiques liés à son usage. Dans leur dépôt, ils évoquent un « risque significatif que les véhicules violent le code de la route ».
FSD, levier stratégique ou écran de fumée ?
Cette montée en puissance du Full Self‑Driving ne se limite pas à la sphère technique. Selon une analyse publiée sur Frandroid, Tesla envisagerait d’intégrer le FSD comme levier économique pour ses futurs véhicules à bas prix. Le système, intégré dès le départ sur des modèles à 25 000 euros, deviendrait une source de valeur ajoutée récurrente, notamment via les services de robotaxis ou de location autonome.
Une stratégie qui transformerait le logiciel embarqué en subvention indirecte, capable de financer la production de modèles plus accessibles. Dans cette logique, chaque véhicule équipé de FSD pourrait générer des revenus autonomes via des services automatisés, une vision souvent martelée par Musk, mais encore loin de son application généralisée.


