Le leasing social a repris dans une version repensée, visant à favoriser l’accès des ménages modestes à la mobilité électrique sans achat direct, en consacrant une enveloppe de 370 millions d’euros à ce dispositif.
Les modalités du leasing social 2025
Le dispositif autorisé dès le 30 septembre 2025 prévoit la location d’au moins 50 000 véhicules électriques à destination des foyers aux revenus limités. Cette relance s’inscrit dans la continuité du premier essai lancé en début 2024, qui avait été interrompu faute de moyens. Les mensualités sont encadrées pour garantir un coût abordable. Les loyers doivent rester inférieurs à 200 euros par mois, et chaque loueur participant doit proposer au moins une offre à moins de 140 euros mensuels.
Dans le détail, l’État prend en charge 27 % du coût total du véhicule, dans la limite de 7 000 euros d’aide par voiture. Les critères d’éligibilité méritent d’être soulignés. Le revenu fiscal de référence par part est désormais plafonné à 16 300 euros. Par ailleurs, l’usage du véhicule doit correspondre à un besoin professionnel : soit le lieu de travail est à plus de 15 km du domicile, soit le bénéficiaire parcourt au minimum 8 000 km par an à titre professionnel.
Mobilité subventionnée… mais production étrangère majoritaire
L’un des points les plus discutés du dispositif porte sur le caractère industriel des véhicules proposés. D’après Marianne, « sur les onze voitures de marques françaises proposées, seulement quatre sont fabriquées en France ». Cette observation souligne le risque d’une subvention de la mobilité… vers des chaînes de production étrangères.
Ce constat est d’autant plus préoccupant que le gouvernement attribue 370 millions d’euros à ce mécanisme. Marianne résume : « dépense 370 millions d’euros pour financer des voitures made in … ailleurs ». Cette critique s’inscrit dans un débat plus large sur la relocalisation industrielle en France. À cela s’ajoute le fait que les critiques soulignent le choix limité des modèles « made in France » dans la sélection éligible au leasing social. Cette situation alimente un questionnement. Un dispositif social de mobilité peut-il être cohérent avec une stratégie industrielle qui privilégierait la production nationale ?
Retour sur l’expérience 2024
L’édition de 2024 avait été un succès quantitatif, mais un casse-tête budgétaire. En un mois, près de 100 000 demandes avaient été déposées, dont 50 000 validées. Cette dynamique avait rapidement posé des limites financières, conduisant à la suspension du dispositif. Les observateurs estiment qu’il faudra surveiller de près plusieurs points : le profil des bénéficiaires : s’agit-il réellement de ménages modestes ou d’un accès déguisé à des foyers mieux lotis ?
L’impact sur le marché des véhicules d’occasion, notamment sur les valeurs résiduelles des voitures électriques les effets environnementaux : quels modèles sont remplacés, quel kilométrage supplémentaire engendré, quels usages réellement substitués ? Le dispositif, selon l’IDDRI, constitue une « innovation qui doit être ajustée et intégrée dans un programme pluriannuel » pour qu’il puisse pleinement jouer son rôle industriel autant que social.






