Le 15 février 2026, jour de grand départ pour les vacances du Nouvel an lunaire en Chine, le constructeur automobile chinois Nio a annoncé avoir battu un record : 146 649 échanges de batteries réalisés dans ses stations en vingt-quatre heures. Le chiffre a été communiqué par l’entreprise elle-même, dans un communiqué.
Ce jour-là , selon le ministère chinois des Transports, 55 millions de véhicules étaient attendus sur les routes du pays. Un pic de trafic devait survenir le 22 février, avec 71 millions de véhicules. Toujours selon cette source, les véhicules électrifiés représentaient environ 22 % du trafic attendu durant cette période de congés, soit près de 12 millions de voitures par jour. Le record de Nio pouvait donc, en toute logique, être dépassé dans les jours suivants.
Cette performance intervenait quelques jours après un autre jalon : le 6 février 2026, Nio avait franchi le seuil des 100 millions d’échanges de batteries réalisés depuis le lancement de son service. Le constructeur exploitait alors 3 750 stations en Chine, dont 1 022 situées le long des autoroutes, et prévoyait d’en construire 1 000 supplémentaires avant la fin de l’année 2026.
Une batterie changée en trois à quatre minutes
Le principe repose sur un système robotisé : la batterie vide est retirée du véhicule puis remplacée par une batterie pleinement chargée, sans que le conducteur ait besoin de descendre de sa voiture. Nio met en avant un gain de temps par rapport à une borne classique, où l’attente peut dépasser trente minutes.
Tony Cao, conducteur d’une voiture Nio interrogé par Rfi à Shanghai, décrit une opération rapide : « Je peux changer la batterie en trois ou quatre minutes à peine, ce qui est bien plus rapide que de la recharger. »
Sur son écran de bord, les stations disponibles apparaissent sous forme de points bleus, jusque dans des régions éloignées comme le Xinjiang. Pour un trajet de 4 000 kilomètres vers une gare de cette région, le système embarqué calcule automatiquement les arrêts nécessaires.
« Je configure un itinéraire vers une gare au Xinjiang et le système me propose automatiquement des étapes pour savoir où changer la batterie. Et comme vous pouvez le voir, je devrais changer de batterie environ quatorze fois pour arriver au Xinjiang », raconte le conducteur.
Un réseau lancé à Shenzhen en 2018
Ce service a été mis en route le 20 mai 2018, jour de l’entrée en service de la première station automatisée, à Shenzhen, où se trouve le siège du constructeur. Nio a investi l’équivalent de plus de 2 milliards d’euros en dix ans pour bâtir ce que l’entreprise présente comme le réseau d’échange de batteries le plus étendu au monde, et détient environ 2 100 brevets liés à cette technologie. Des stations automatisées de quatrième génération, présentées comme plus rapides, ont été inaugurées récemment.
Le réseau complet compte plus de 8 600 stations de recharge et d’échange, réparties sur des axes qui desservent 550 villes chinoises. Nio venait aussi de dépasser le million de voitures vendues. Le constructeur estime que l’arrivée de sa gamme Firefly, des véhicules moins chers destinés à un public plus large, va accroître encore la demande d’échange de batterie.
Reste que le modèle a un coût. Nio a constaté que certains automobilistes forcent le système pour multiplier les échanges express, notamment pour effectuer des livraisons à domicile ou proposer des services de transport, ce qui pénalise l’entreprise et rend le service moins rentable, voire déficitaire sur certaines stations.

