Voiture électrique : les Français tournent le dos malgré les baisses de prix

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Voiture électrique : les Français tournent le dos malgré les baisses de prix
Voiture électrique : les Français tournent le dos malgré les baisses de prix © L'Automobiliste

Le Figaro a dévoilé, le 4 juin, les résultats d’un sondage Ifop pour La Centrale qui révèle que 63 % des Français ne souhaitent pas acheter de voiture électrique, même si elle est vendue au même tarif qu’un modèle thermique. Alors que l’électrification du parc automobile est martelée comme un impératif environnemental et industriel, cette résistance soulève de nombreuses interrogations. L’an passé, l’offre de véhicules électriques a explosé (+85 % par rapport à 2023), mais l’enthousiasme du public, lui, reste en berne.

Une voiture électrique ? Même au prix d’une thermique, les Français disent non

C’est une réalité froide : même à prix égal, seuls 13 % des Français déclarent qu’ils choisiraient un véhicule électrique immédiatement, selon l’étude Ifop-La Centrale. Un maigre 24 % envisageraient l’option à moyen terme. Cela signifie que plus de six Français sur dix tournent le dos à l’électrique, malgré un matraquage publicitaire et politique incessant.

Jérôme Fourquet, directeur du département Opinion à l’Ifop, résume la situation ainsi dans Le Figaro : « L’achat de véhicules électriques marque le pas, certes en raison du prix élevé de ces modèles. Mais la question du prix n’est manifestement pas le seul frein ». Et pour cause, les réticences sont multiples, culturelles, techniques et économiques.

Batterie, durée de vie, incertitude : les vieux démons de la voiture électrique

Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Une étude Kantar pour La Centrale, menée en avril 2024, dévoile les principaux motifs d’inquiétude : 58 % des acheteurs potentiels redoutent le prix de remplacement des batteries, 55 % doutent de leur durabilité, et 60 % jugent anxiogène l’achat d’un véhicule électrique d’occasion. Ce cocktail d’appréhensions alimente une méfiance structurelle. Les voitures électriques pâtissent aussi d’un imaginaire technologique mal digéré.

Anaïs Harmant, directrice marketing de La Centrale, évoque un « frein culturel » sur « un marché qui est peu mature ». Dans des propos rapportés par Le Figaro, elle compare cette inertie à celle des débuts de la banque en ligne : « Il y a quelques années, les gens regardaient leur compte en banque sur leur ordinateur en pensant que c’était plus sécurisé que sur leur mobile. Aujourd’hui, cela paraît incongru ».

Géographie, sociologie, génération : un marché coupé en deux

L’enquête Ifop révèle aussi des fractures profondes dans l’opinion publique. Tandis que 47 % des 18-24 ans et 53 % des 25-34 ans se disent ouverts à la voiture électrique, ce chiffre dégringole chez les plus de 50 ans. Idem selon les catégories sociales : 50 % des CSP+ et des Franciliens envisagent l’électrique, contre une large majorité de ruraux et de classes populaires qui restent sceptiques.

Lorsqu’on vit en zone rurale avec une famille à charge, les priorités en matière de mobilité diffèrent radicalement de celles d’un étudiant francilien utilisant les transports en commun au quotidien. Cette opposition reflète un arbitrage face à un produit perçu comme coûteux, contraignant, et peu adapté aux réalités d’une grande partie du territoire français.

L’hybride gagne du terrain

Face à cette désaffection, l’hybride apparaît comme un compromis séduisant. Il représente désormais 12 % du marché de l’occasion, contre seulement 4 % pour l’électrique, selon les chiffres de La Centrale. Dans cette situation, opter pour un véhicule hybride s’impose comme une solution intermédiaire crédible, située entre la motorisation classique et l’électrique.

Mais même cette solution intermédiaire ne garantit pas une transition rapide. Car au-delà des chiffres, c’est une guerre culturelle qui se joue, celle du rapport des Français à la voiture, à la technologie, à la contrainte.

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