Ce pays d’Amérique latine déplace 150 millions de tonnes de terre pour créer une route qui rendrait le canal du Panama obsolète

Le projet du Corredor Interoceánico pourrait révolutionner le commerce entre l’Asie et les États-Unis, mais il soulève des questions cruciales sur l’environnement.

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Ce pays d'Amérique latine déplace 150 millions de tonnes de terre pour créer une route qui rendrait le canal du Panama obsolète
Ce pays d’Amérique latine déplace 150 millions de tonnes de terre pour créer une route qui rendrait le canal du Panama obsolète © L'Automobiliste

Le Mexique met les bouchées doubles avec le lancement du Corredor Interoceánico del Istmo de Tehuantepec, un vaste corridor destiné à relier les océans Pacifique et Atlantique via un réseau modernisé de voies ferrées, de routes et de ports. Situé principalement sur l’isthme de Tehuantepec, ce projet veut transformer le paysage économique et industriel de la région, tout en soulevant des questions sur ses conséquences environnementales et sociales.

Comment c’est relié et ce qui a été modernisé

Ce corridor relie des lieux clés comme Salina Cruz et Coatzacoalcos, en passant par l’État de Veracruz et le Golfe du Mexique. Le port de Veracruz joue aussi un rôle central. Face à la concurrence du Canal de Panama, cette nouvelle route pourrait devenir une alternative pour le commerce entre l’Asie et la côte est des États-Unis, explique Cronista.

Parmi les travaux, on a construit un brise-lames à Salina Cruz : 5,64 millions de tonnes de roche y ont été placées pour protéger les navires, y compris des porte-conteneurs pouvant atteindre 250 000 tonnes. Cet ouvrage a représenté un investissement de 5,536 milliards de MXN. Les ports de Salina Cruz et Coatzacoalcos ont aussi été dragés pour faciliter la navigation, avec respectivement 900 000 m³ et 2,2 millions de m³ de matériaux retirés.

Progrès opérationnels et côté économique

La ligne ferroviaire appelée « Línea Z » est en service depuis décembre 2023 et a déjà servi pour un essai pilote : le transport de 900 véhicules Hyundai du Pacifique vers le Golfe du Mexique. En 2024, le port de Coatzacoalcos a traité 27,7 millions de tonnes de marchandises, marquant une étape vers la conversion de ces ports en terminaux de niveau mondial.

Le total des investissements dépasse 80 milliards de MXN, ce qui montre l’engagement financier du gouvernement mexicain malgré les défis. D’ici 2028, la capacité de traitement devrait atteindre 300 000 conteneurs par an, avec une ambition de 1,4 million de conteneurs d’ici 2033. Ces chiffres peuvent paraître modestes comparés au Canal de Panama, mais ils représentent une composante importante du projet.

Points forts et questions environnementales

Ce couloir offre une route terrestre alternative qui pourrait réduire le temps de transit jusqu’à cinq jours sur certaines liaisons entre l’Asie et les États-Unis, en contournant la sécheresse et la congestion du Canal de Panama. Le projet prévoit aussi la création de douze pôles de développement axés sur l’agro-industrie, les énergies propres, la manufacture et le secteur pharmaceutique, avec des incitations fiscales attractives comme une réduction de 100 % de l’impôt sur le revenu pour les nouvelles entreprises.

Pourtant, les organisations indigènes et les associations écologistes alertent sur les conséquences possibles : la transformation de zones écologiquement sensibles en infrastructures industrielles. Les documents officiels reconnaissent que « des milliers d’espèces animales » risquent de perdre leurs habitats, même si le gouvernement dit vouloir appliquer des mesures d’atténuation.

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