« J’ai vu les plaques, j’ai compris » : le système qui piège des milliers de garagistes

Des milliers de cartes grises détournées, des garagistes au bord de la faillite…

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« J’ai vu les plaques, j’ai compris » : le système qui piège des milliers de garagistes
« J’ai vu les plaques, j’ai compris » : le système qui piège des milliers de garagistes © L'Automobiliste

La privatisation du Système d’immatriculation des véhicules (SIV) a ouvert la porte à un vaste schéma de fraude, révélant des failles de sécurité majeures et compromettant des entreprises dans toute la France. Cette fraude massive, qui exploite des vulnérabilités informatiques du SIV, permet à des pirates de détourner des milliers de cartes grises à des fins illégales. Au cœur de la crise, ce sont les garagistes qui trinquent : une intrusion numérique sur leurs outils professionnels menace l’existence de nombreux petits garages de campagne.

Un système fragile et des méthodes bien rodées

Maryline, gérante d’un petit garage familial à Saint-Rémy-sur-Orne (dans le Calvados), fait partie des victimes. Elle raconte lors d’une interview de franceinfo : « J’ai tout de suite compris que j’avais été piraté » quand elle a vu un prélèvement inattendu de 146 000 € sur son compte, alors que ses recettes liées aux cartes grises atteignaient seulement 640 € ce mois-là. L’attaque a permis la création frauduleuse de 930 cartes grises, envoyées jusqu’en Guadeloupe et en Corse.

Les pirates procèdent en dupant les garagistes avec des pièces jointes malveillantes. Une fois le système contaminé, ils prennent les habilitations des garagistes pour saisir de nouvelles immatriculations, facilitant ainsi le blanchiment de voitures volées. La Fédération nationale de l’automobile, par la voix de son vice-président Bruno Choix, pointe le manque de sécurité du SIV : « C’est juste un code à quatre chiffres, il n’y a rien de plus simple à pirater ».

Des conséquences lourdes et des mesures en cours

Les répercussions financières pèsent lourd sur les garages. L’État demande aux victimes de payer les amendes injustifiées liées aux cartes grises frauduleuses. Maryline prévient que, sans une « décision de justice qui nous innocente », elle risque de perdre son entreprise et même sa maison. La Fédération nationale de l’automobile chiffre les dommages à 3 000 000 € pour l’ensemble des 22 garages identifiés comme piratés et réclame l’annulation de ces dettes.

La gendarmerie a lancé une enquête pour tenter de démanteler ce réseau criminel organisé. Mais la multiplicité des acteurs et l’étendue géographique des manipulations compliquent la tâche des enquêteurs pour localiser et neutraliser les responsables.

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