Depuis février 2026, chaque plein d’essence aux États-Unis coûte 40% plus cher. Pendant que les automobilistes américains vident leur portefeuille à la pompe, ExxonMobil encaisse 14,5 milliards de dollars de profits au deuxième trimestre. Une situation qui exaspère Donald Trump, pourtant fervent défenseur du libre marché. Le président américain a publiquement sommé les géants pétroliers de baisser leurs prix, à trois mois d’élections cruciales où le prix du carburant pourrait lui coûter sa majorité au Congrès.
De 2,98 à 4,10 dollars : l’addition saignante pour les automobilistes
Le 27 février 2026, un gallon d’essence (environ 3,8 litres) coûtait 2,98 dollars aux États-Unis. Six mois plus tard, ce même gallon atteint 4,10 dollars. Pour un conducteur américain qui parcourt 20 000 kilomètres par an avec un véhicule consommant 10 litres aux 100 km, la facture annuelle grimpe de 1 570 à 2 160 dollars. Un surcoût de près de 600 dollars qui pèse lourd dans le budget des ménages, alors que l’inflation frappe aussi le logement et l’alimentation.
40% d’augmentation en 6 mois : qui profite vraiment de cette hausse ?
L’origine de cette flambée ? Le conflit entre les États-Unis, Israël et l’Iran, déclenché fin février 2026 avec des frappes militaires américaines. Les perturbations des approvisionnements énergétiques ont propulsé le baril de brut américain à 96 dollars, soit une hausse de 20% depuis le début des hostilités. Mais si les tensions géopolitiques expliquent la montée des cours, elles ne justifient pas l’ampleur des marges engrangées par les raffineurs. Selon CNBC, ExxonMobil a plus que doublé son résultat trimestriel, passant de 7,1 à 14,5 milliards de dollars en un an.
ExxonMobil et Chevron encaissent les superprofits, vous payez la facture
Chevron fait encore mieux : 12 milliards de dollars de profits au deuxième trimestre 2026, contre 2,5 milliards un an plus tôt. Une multiplication par près de cinq qui illustre l’écart entre la hausse du brut (20%) et celle des marges de raffinage. Valero Energy annonce son meilleur résultat trimestriel depuis la crise énergétique de 2022. Les automobilistes américains financent directement ces performances record. Chaque dollar supplémentaire dépensé à la pompe se transforme en bénéfice pour des entreprises déjà parmi les plus rentables au monde. Une situation qui rappelle celle de TotalEnergies en France, où le groupe pétrolier a dû plafonner temporairement ses prix face à la grogne des conducteurs.
Trump se fâche, mais qu’est-ce que ça change pour le budget carburant ?
Le 3 août 2026, Donald Trump sort de ses gonds. Sur Truth Social et lors d’interviews, il attaque frontalement les majors pétrolières. « Ils gagnent trop d’argent grâce à une pénurie. Je n’aime pas ça. Ils vont devoir redonner une partie de cet argent au public et ils ont intérêt à baisser le prix de détail, le prix à la consommation », martèle le président américain selon BFMTV. Il cible nommément Mike Wirth, PDG de Chevron, l’accusant d’ingratitude envers son administration pro-business.
Les promesses présidentielles et la réalité des prix à la pompe
Trump va jusqu’à ordonner au ministère de la Justice d’enquêter sur une possible manipulation des prix, tout en reconnaissant son malaise : « Je ne devrais pas dire ça, je suis un grand défenseur de la libre entreprise, personne plus que moi. Vous êtes surpris que je le dise ? Je le dis haut et fort. Je ne suis pas content. » Une volte-face idéologique qui révèle surtout l’urgence politique. Les élections de mi-mandat de novembre 2026 approchent, et les Républicains risquent de perdre leur majorité à la Chambre, voire au Sénat. Mais concrètement, les injonctions présidentielles changent peu la donne pour les automobilistes. Le 3 août, Trump suspend une attaque militaire contre l’Iran, provoquant une baisse immédiate de 5% du brut. Un geste symbolique qui ramène le baril à 91 dollars, loin des 80 dollars d’avant-conflit.
Quel impact pour les automobilistes français ? TotalEnergies dans le même jeu
En France, le parallèle saute aux yeux. TotalEnergies a réalisé des profits records pendant la crise énergétique de 2022-2023, alimentant un débat sur la taxation des superprofits. Contrairement aux États-Unis où Trump mise sur la pression médiatique, la France a instauré une contribution exceptionnelle sur les bénéfices excédentaires des groupes pétroliers. Mais les automobilistes français n’ont pas vu leurs factures baisser pour autant. Comme l’OPEP+ augmente sa production sans effet immédiat sur les prix à la pompe, les conducteurs des deux côtés de l’Atlantique constatent le même décalage entre les déclarations politiques et la réalité de leur budget carburant.

