Faire le plein est devenu un véritable luxe. Le 20 septembre, le prix du gazole a atteint 2,41 € le litre, établissant un record historique. Le SP95-E10, le carburant le plus vendu en France, est à 2,17 €, tandis que le SP98 s’affiche à 2,28 €. Pour les automobilistes, la question n’est plus de savoir si les prix des carburants vont diminuer, mais comment faire face à cette flambée.
L’impact financier : des chiffres concrets
Pour une citadine diesel avec un réservoir de 45 litres, le plein coûte maintenant 108,45 € à 2,41 € le litre. Un SUV avec un réservoir de 60 litres revient à 144,60 €. Les conducteurs de véhicules essence sont également touchés : un plein de 50 litres de SP95-E10 coûte 108,50 €.
Un automobiliste parcourant 15 000 kilomètres par an avec une consommation moyenne de 6 litres aux 100 km doit désormais prévoir 2 169 € par an en carburant, soit 180,75 € par mois. Ce montant était d’environ 1 500 € en janvier 2025.
En septembre 2025, avec un gazole à 1,65 € le litre, le même budget annuel était de 1 485 €. Aujourd’hui, il atteint 2 169 €, soit un surcoût de 684 € par an. Pour ceux parcourant 25 000 km annuels, cet écart dépasse 1 100 €.
Roland Lescure, ministre de l’Économie, a indiqué qu’il n’y a pas de risque de pénurie de carburants, précisant que les stocks stratégiques sont actuellement pleins.
Les aides gouvernementales : éligibilité et procédures
Pour répondre à la grogne, le gouvernement propose une aide de 100 € pour les automobilistes précaires effectuant de longs trajets quotidiens. Les critères : un revenu fiscal de référence inférieur à 15 400 €, parcourir plus de 30 km par jour pour le travail, et utiliser son véhicule personnel en l’absence de transports en commun viables.
La demande se fait en ligne via le portail du ministère de l’Économie, en fournissant l’avis d’imposition, une attestation employeur et un justificatif de domicile. Le paiement intervient sous quatre à six semaines après validation.
Roland Lescure s’étonne que la moitié des bénéficiaires potentiels n’aient pas réclamé cette aide. La méconnaissance du dispositif, la complexité administrative et la perception de l’aide comme dérisoire en sont les principales raisons.
Ruptures de stock : comment s’approvisionner
Les stations TotalEnergies, moins chères, sont très fréquentées, entraînant des ruptures de stock partielles dans 17 % des points de vente. Roland Lescure explique que ces ruptures sont normales après un week-end en raison de l’afflux.
La différence de prix incite les automobilistes à se déplacer : TotalEnergies vend le gazole à 2,33 €, soit 8 centimes de moins qu’ailleurs, économisant 4 € sur un plein de 50 litres. Des applications comme Essence&CO, Gasoil Now ou Waze permettent de localiser les stations approvisionnées en temps réel.
Réduire sa consommation : quelques conseils
Optimiser sa consommation est crucial face à des carburants chers. Adopter l’écoconduite, vérifier la pression des pneus et alléger son véhicule sont des mesures efficaces. Par exemple, anticiper les freinages et maintenir une vitesse stable peut réduire la consommation de 20 %, économisant 434 € par an à 2,41 € le litre.
Partagez vos trajets avec des collègues ou utilisez des transports alternatifs lorsque possible. Pour les trajets courts, le vélo ou la trottinette électrique sont des options viables, surtout en zone urbaine.
Maud Bregeon a confirmé que des réunions d’urgence se tiennent ce lundi 21 septembre 2026 à Matignon pour envisager de nouvelles aides, bien que le gouvernement exclut une baisse des taxes. En attendant, les automobilistes doivent s’adapter à des carburants dépassant 2,40 €, une réalité durable dans un marché perturbé.



