Jean-Marc Jancovici contre la voiture : la colère gronde chez les automobilistes

La déclaration de Jean-Marc Jancovici appelant à ne plus utiliser la voiture dans un avenir proche suscite une vive opposition. Les associations d’automobilistes sont vent debout.

Publié le
Lecture : 2 min
jean-marc-jancovici-voiture-automobilistes
Jean-Marc Jancovici contre la voiture : la colère gronde chez les automobilistes | L'Automobiliste

Jean-Marc Jancovici estime qu’il faut sortir rapidement de la voiture pour limiter le réchauffement climatique. Une position qui ne plaît pas du tout aux associations d’automobilistes, désormais en colère.


Jean-Marc Jancovici veut sortir de la voiture


Jean-Marc Jancovici a affirmé en direct sur BFM TV et RMC une idée qui alimente les débats depuis des années : la voiture telle que nous la connaissons est condamnée à disparaître. Une déclaration radicale qui a immédiatement suscité une levée de boucliers de la part des défenseurs de l’automobile, notamment l’association « 40 millions d’automobilistes ». Une véritable bataille des récits est désormais engagée.


À la question posée par Apolline de Malherbe sur l’avenir de la voiture, la réponse de Jean-Marc Jancovici n’a laissé aucune place au doute : « Ça, c’est juste une question de temps. » Selon lui, maintenir « des véhicules d’une tonne et demie par personne avec une énergie bon marché » est incompatible avec un avenir sans pétrole, gaz ou charbon. Le président du Shift Project s’attaque frontalement à ce qu’il qualifie de fiction collective autour de la voiture individuelle, symbole d’indépendance mais aussi, selon lui, « vecteur d’illusions énergétiques ».


Loin de s’arrêter là, l’écologiste évoque une série d’alternatives : un impôt sur la détention de véhicules pour dissuader progressivement leur usage, le développement massif des pistes cyclables, l’interdiction de vente des modèles les plus polluants, ou encore des incitations ciblées pour remplacer les véhicules anciens.


Les défenseurs de la voiture dénoncent un isolement


L’association « 40 millions d’automobilistes » n’a pas tardé à réagir, et avec vigueur. Son délégué général, Pierre Chasseray, a publié une lettre ouverte dans laquelle il fustige les propos de Jean-Marc Jancovici, qu’il juge coupés du réel : « Entre les courbes de vos graphiques et la réalité du bitume, il y a parfois un fossé que même un 4×4 aurait du mal à franchir. »


Pour lui, la voiture est bien plus qu’un simple mode de transport : elle représente « le dernier rempart contre l’isolement, le cordon ombilical qui relie la France périphérique ». Une formule cinglante pour rappeler une réalité simple : dans de nombreuses zones du territoire, les transports en commun n’existent que sur le papier. Et les alternatives vantées par les écologistes se résument souvent à quelques kilomètres de pistes cyclables en centre-ville.


La critique est directe : « Vous voulez que l’on sorte de la voiture ? Fort bien. Mais sortez-nous d’abord des déserts ferroviaires, des horaires réduits et des billets de train impayables. » Une attaque qui met en lumière l’un des angles morts du discours de Jean-Marc Jancovici : la fracture territoriale.

Laisser un commentaire