C’est un nouveau coup dur pour les automobilistes. Alors que la colère monte depuis des mois contre les Zones à Faibles Émissions (ZFE), et qu’une majorité de Français réclame leur suppression — avec le soutien de la droite de l’échiquier politique (Rassemblement national, Union des droites pour la République, Reconquête ! et une partie des Républicains) — l’exécutif, lui, s’accroche. Le gouvernement maintient son cap et les restrictions obligatoires dans deux grandes agglomérations — Paris et Lyon — malgré un vote de l’Assemblée nationale en commission spéciale, le jeudi 3 avril 2025.
ZFE : le gouvernement persiste et signe
Le 26 mars 2025, les députés de la commission spéciale chargée du projet de loi de simplification ont voté un amendement visant à limiter les ZFE, un vote soutenu par le Rassemblement National, Les Républicains et une large partie de l’opposition. L’objectif : mettre un terme à une mesure que beaucoup considèrent comme une législation d’écologie punitive et antisociale. Il s’agissait donc d’une véritable avancée et d’un espoir pour les automobilistes français.
Dans un amendement déposé en urgence, l’exécutif propose de restreindre l’obligation de mise en place des ZFE aux seules villes de Paris et Lyon. Pourquoi ces deux métropoles ? Officiellement, parce qu’elles ont dépassé, pendant trois des cinq dernières années, les seuils réglementaires de pollution. Officieusement, parce qu’elles incarnent une vitrine pour Bruxelles. Pour toutes les autres agglomérations de plus de 150 000 habitants, le gouvernement laisse désormais le choix aux collectivités locales de maintenir ou non leur ZFE.
Résultat : à Paris et Lyon, les automobilistes restent sous le joug des restrictions. Les véhicules diesel immatriculés avant 2011 ou à essence avant 2006 — classés Crit’Air 3 — seront ainsi toujours interdits de circulation du lundi au vendredi, de 8 heures à 20 heures pour les particuliers, et 7 jours sur 7 pour les bus et poids lourds.
Écologie punitive sur fond de milliards en jeu
Le signal est clair : le gouvernement continue de faire l’autruche malgré l’exaspération croissante des automobilistes. Pourtant, la grande consultation publique de 2023 a été sans appel : 86 % des participants se sont déclarés opposés aux ZFE. Trop chères, trop rigides, et surtout inadaptées à la vie réelle, notamment en zone périurbaine et rurale. Pour beaucoup de Français, ces zones ne sont rien d’autre qu’une écologie punitive, conçue loin du bitume, dans les couloirs des ministères.
D’où vient cet acharnement ? La réponse se trouve à Bruxelles. En effet, selon une note confidentielle de la Direction générale du Trésor, révélée le 1er avril 2025, supprimer les ZFE ferait perdre à la France 3 milliards d’euros de financements européens dès 2025, et jusqu’à 40,3 milliards d’euros d’ici 2026 dans le cadre du Plan national de relance et de résilience (PNRR). Pire : la France pourrait être contrainte de rembourser un milliard d’euros déjà perçus. Le gouvernement assume : « Une suppression enverrait un signal politique négatif », selon le ministère de la Transition écologique. En clair : on sacrifie la liberté de circulation et la capacité à se déplacer pour préserver les subventions européennes.






