Ni GPL, ni éthanol, ni GNV : une start-up américaine fait tourner un moteur avec un combustible que personne n’avait envisagé

L’ammoniac pourrait révolutionner le secteur automobile en éliminant les émissions de CO2.

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Ni GPL, ni éthanol, ni GNV : une start-up américaine fait tourner un moteur avec un combustible que personne n'avait envisagé
Ni GPL, ni éthanol, ni GNV : une start-up américaine fait tourner un moteur avec un combustible que personne n’avait envisagé © L'Automobiliste

L’innovation techno est au cœur des enjeux d’aujourd’hui, et la start-up américaine First Ammonia Motors (FAM), en partenariat avec l’Institut Fraunhofer de microtechnologie et de microsystèmes (IMM) en Allemagne, se distingue en développant un moteur thermique qui tourne à l’ammoniac, rapporte L’Automobile Magazine. Cette initiative arrive alors que le réchauffement climatique et les tensions géopolitiques au Moyen-Orient mettent à mal la dépendance mondiale aux carburants fossiles classiques. Plusieurs alternatives, le gaz de pétrole liquéfié (GPL), l’éthanol ou l’hydrogène, ont émergé ces dernières années, mais aucune n’a encore réussi à détrôner l’essence et le carburant synthétique.

Un pont techno entre les États‑Unis et l’Allemagne

La collaboration entre FAM et l’Institut Fraunhofer montre l’intérêt des coopérations internationales pour relever les défis de la transition énergétique. Pendant que des poids lourds comme Stellantis ralentissent leurs recherches sur l’hydrogène, FAM mise sur une approche différente : transformer l’ammoniac (NH3) en carburant moteur. L’ammoniac demande une température élevée pour brûler, mais il pourrait changer la donne en supprimant les émissions de CO2 et en ne rejetant que de l’azote (N2) et de la vapeur d’eau. En tirant parti de l’expertise allemande, la contrainte de la haute température a été atténuée grâce à un procédé qui injecte de l’hydrogène dans le moteur après décomposition de l’ammoniac non brûlé.

Tests pratiques et résultats

Les essais ont été réalisés sur un moteur V8 de Chevrolet des années 90, installé dans un Chevrolet C10, choisi pour évaluer les performances de ce carburant alternatif. D’après les tests, une fois démarré, le moteur se comporte comme s’il roulait à l’essence sans plomb, mais la consommation énergétique est doublée. Pour obtenir des performances optimales, il faut fournir deux fois plus d’ammoniac que la capacité d’essence d’origine, ce qui traduit la densité énergétique plus faible de l’ammoniac. Le ravitaillement ne prend pas plus de temps qu’avec de l’essence, mais les coûts sont nettement plus élevés par rapport au superéthanol-E85.

Les freins à la production et à l’approvisionnement

Malgré ses atouts écologiques potentiels, l’utilisation massive de l’ammoniac comme carburant bute sur plusieurs problèmes. L’absence de stations-service dédiées aux États‑Unis et en Europe complique l’approvisionnement. La production d’ammoniac reste coûteuse et très énergivore : il faut extraire l’azote de l’air et faire l’électrolyse de l’eau pour produire de l’hydrogène. L’ammoniac vert est techniquement réalisable, mais les dépenses énergétiques et économiques restent importantes. L’essence est déjà perçue comme chère par les consommateurs, et l’ammoniac serait encore plus onéreux.

Ce que ça change côté économie et environnement

En mettant en avant la disparition des émissions de CO2, FAM espère profiter de la hausse continue des prix de l’essence pour commercialiser son système. Toutefois, la viabilité économique du dispositif est incertaine à cause de la surconsommation et du prix élevé des pleins. Malgré ces limites, les bénéfices écologiques sont difficiles à ignorer : ils pourraient jouer en faveur de cette solution face à la crise climatique actuelle.

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