Le marché de l’occasion stagne, les Français achètent des vieilles voitures

En juin 2026, le marché français du véhicule d’occasion recule de 0,9%, malgré deux jours ouvrés supplémentaires. Sur le premier semestre, la baisse atteint 4,1% par rapport à 2025. Les véhicules de plus de 16 ans progressent de 7,8%, signe d’un repli vers l’accessibilité budgétaire.

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Carte grise : toutes les étapes pour immatriculer sa voiture
Le marché de l’occasion stagne, les Français achètent des vieilles voitures © L'Automobiliste

Le marché français du véhicule d’occasion clôture le premier semestre 2026 sur une note morose. En juin, les immatriculations reculent de 0,9% pour atteindre 445 791 unités, alors même que le mois comptait deux jours ouvrés de plus qu’en juin 2025. Sur l’ensemble du semestre, la baisse s’établit à 4,1%, avec 2,6 millions d’immatriculations. Par rapport à la période pré-Covid, le recul atteint 9,4%. Autrement dit, le marché de l’occasion peine à retrouver son niveau d’avant-crise, et les chiffres d’AutoScout24, première plateforme d’annonces automobiles en Europe, confirment une atonie durable.

Le neuf rebondit, l’occasion patine

Dans le même temps, le marché du neuf affiche pour le deuxième mois consécutif une progression à deux chiffres : +11,4% en juin, avec 188 787 immatriculations. Sur le semestre, le neuf inverse enfin la tendance et affiche +1,8% par rapport à 2025. Le ratio véhicules d’occasion sur véhicules neufs tombe ainsi à 2,36, son plus bas niveau depuis décembre 2024. Ce resserrement traduit une dynamique inhabituelle : alors que l’occasion devrait naturellement profiter d’un contexte économique tendu, c’est le neuf qui tire son épingle du jeu, porté notamment par les aides publiques et les offres de leasing attractives sur les véhicules électrifiés.

Le problème, c’est que cette reprise du neuf ne compense pas l’atonie de l’occasion. Elle révèle surtout un marché à deux vitesses, où les acheteurs qui en ont les moyens se tournent vers des véhicules récents et électrifiés, tandis que les autres se reportent sur des modèles de plus en plus anciens.

Les vieilles voitures cartonnent, les segments intermédiaires s’effondrent

Les chiffres d’AutoScout24 mettent en lumière un phénomène préoccupant : les véhicules de plus de 16 ans enregistrent la plus forte progression en juin (+7,8%) et représentent désormais 28% des immatriculations d’occasion. À l’inverse, le segment des 6 à 10 ans recule de 6,6% en volume et perd 5,8% de parts de marché. Les véhicules intermédiaires, ceux qui constituent traditionnellement le cœur du marché de l’occasion, sont donc les grands perdants de cette séquence.

Cette fuite vers les véhicules anciens illustre une réalité simple : le pouvoir d’achat des ménages ne suit pas. Le prix moyen d’un véhicule d’occasion repasse sous la barre symbolique des 30 000 euros (29 329 euros exactement, en baisse de 7,6% sur un an), son plus bas niveau depuis janvier 2023. Vincent Hancart, directeur général d’AutoScout24 France, y voit une « normalisation progressive des prix » susceptible de « soutenir l’activité du marché au cours du second semestre ». Soit. Reste que cette correction des prix intervient après une flambée post-Covid qui a durablement éloigné une partie des acheteurs du marché.

Un véhicule d’occasion sur cinq est électrifié

L’autre mutation profonde du marché concerne les motorisations. Les véhicules électrifiés représentent désormais près d’un véhicule d’occasion sur cinq. Les immatriculations de voitures 100% électriques bondissent de 72,9%, tandis que les hybrides progressent de 31,5%. Le diesel, lui, poursuit son déclin inexorable : il recule de 12,1% et ne pèse plus que 40,5% des immatriculations, contre 45,7% un an plus tôt.

Cette électrification rapide du parc d’occasion s’explique en partie par l’arrivée sur le marché de véhicules électriques de première génération, achetés neufs il y a trois à cinq ans et aujourd’hui revendus. Mais elle traduit aussi un changement de perception : l’électrique n’est plus réservé au neuf, il devient accessible en occasion, même si les prix restent élevés pour les modèles récents.

Les marques chinoises explosent, les allemandes reculent

Autre signal faible mais révélateur : les marques chinoises doublent leurs volumes (+105,7%) et leurs parts de marché (+107,5%) sur l’occasion. Les marques premium allemandes, elles, reculent de 6% en volume et perdent 5,2% de parts de marché. Certes, les volumes chinois restent modestes en valeur absolue, mais la tendance est là. Les constructeurs chinois, qui inondent le marché européen de véhicules électriques à prix cassés, commencent à irriguer le marché de l’occasion. Et les acheteurs, semble-t-il, ne boudent pas leur plaisir.

En réalité, le marché français du véhicule d’occasion traverse une phase de transition chaotique. Les acheteurs les plus aisés basculent vers le neuf électrifié, les classes moyennes se reportent sur les véhicules anciens faute de moyens, et les segments intermédiaires se vident. Le diesel s’effondre, l’électrique décolle, les Chinois arrivent. Reste à savoir si cette « normalisation des prix » suffira à réveiller un marché qui, pour l’heure, peine à retrouver son dynamisme d’avant-crise.

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