Selon Oliver Blume, PDG du groupe Volkswagen, en Chine, le groupe est un acteur chinois, et avec le marché actuel, cela lui ouvre les mêmes opportunités d’exportation qu’aux marques chinoises. Cette déclaration, formulée lors de la présentation des résultats semestriels du groupe, résume l’orientation que prend désormais le constructeur allemand : importer en Europe des véhicules spécifiquement conçus et fabriqués en Chine.
Des niches plutôt qu’une concurrence frontale
L’objectif affiché n’est pas d’inonder le marché européen de modèles chinois, mais de combler des trous dans le futur catalogue tout en réduisant les coûts de recherche et développement à l’échelle mondiale. Cette approche doit aussi compenser la suppression programmée de 50 % de la gamme européenne de Volkswagen d’ici 2030.
Blume a tenu à préciser que l’ambition n’était pas de cannibaliser les véhicules déjà développés et populaires en Europe. « Nous n’importerions que des produits dans des segments qui n’ont pas de couverture européenne, afin de ne pas impacter le développement local. Ce sont des voitures complètement différentes », cite Les Numériques.
Ne sont donc pas concernées les citadines ou berlines électriques, mais plutôt des véhicules plus imposants et rentables, issus de la production chinoise du groupe.
Le grand SUV ID.Era 7X figure parmi les meilleurs candidats à l’importation. Doté d’un prolongateur d’autonomie, ce modèle hybride séduit particulièrement la clientèle asiatique et pourrait servir de transition avant l’interdiction, à terme, des moteurs thermiques.
Une production européenne envisagée à moyen terme
Alors que des rumeurs de fermetures d’usines circulent en Allemagne, cette stratégie d’importation pourrait, paradoxalement, contribuer à sauver l’emploi industriel européen. Blume envisage sérieusement une fabrication locale de ces modèles chinois, après une première phase d’exportation. « Nous allons d’abord exporter, puis évaluer la réponse du marché. Cela pourrait ensuite nous donner l’opportunité de fabriquer ces modèles dans nos usines », a-t-il expliqué.
Le siège du groupe est basé à Wolfsburg. Le calendrier reste conditionné à l’accueil réservé à ces véhicules par les acheteurs européens. Volkswagen occupe, le 30 juillet 2026, la première place des ventes en Europe.
Blume a également évoqué la possibilité d’utiliser en Europe des plateformes développées avec des partenaires locaux, à l’image de la CMP conçue avec Xpeng. L’idée est d’accélérer les délais de mise au point en s’appuyant sur des technologies déjà abouties en Chine.
Plusieurs modèles issus de cette collaboration ont été présentés au Salon de Pékin : la gamme ID. Unyx, le SUV ID. Aura T6 et l’ID. Era 9X, présenté comme le vaisseau amiral de la marque. Ces véhicules embarquent des architectures électriques 800 V et des systèmes d’aide à la conduite intégrant du lidar.
L’ID. Era 9X introduit une solution EREV, associant une chaîne de traction électrique à un prolongateur d’autonomie thermique, pour une autonomie totale annoncée au-delà de 1 600 km.
Le volet industriel ne s’arrête pas aux modèles eux-mêmes. BYD, ainsi que MG et Xpeng, étudient la possibilité d’utiliser des sites Volkswagen en Europe pour leur propre production. L’usine de Dresde est citée parmi les sites concernés.
Cette démarche pourrait transformer des installations sous-utilisées en pôles de production partagés, réduisant les coûts et renforçant la compétitivité du groupe.



