Ariane 6 lance ses deux premiers satellites Galileo : 5 millions d’utilisateurs l’ont déjà adopté

5 milliards de smartphones utilisent déjà Galileo sans le savoir. Avec Ariane 6 de retour et une nouvelle couche testée en orbite basse, l’Europe joue gros face à la dépendance américaine. Les détails valent le coup d’œil.

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Ariane 6 lance ses deux premiers satellites Galileo : 5 millions d'utilisateurs l'ont déjà adopté
Ariane 6 lance ses deux premiers satellites Galileo : 5 millions d’utilisateurs l’ont déjà adopté © L'Automobiliste

Le 17 décembre 2025, la fusée Ariane 6 a placé en orbite les satellites SAT 33 et SAT 34 depuis le centre spatial de Kourou, en Guyane. Il s’agit du premier lancement Galileo confié au nouveau lanceur lourd européen.

L’événement met fin à un intermède gênant pour Bruxelles : faute de disponibilité d’Ariane, l’Europe avait dû recourir à SpaceX à deux reprises en 2024 pour placer ses satellites Galileo en orbite, explique Les Numériques. Ce retour d’Ariane 6 sur ce créneau est présenté comme le signe d’une cohérence retrouvée dans la souveraineté spatiale du continent.

Galileo est le système européen de géolocalisation par satellite, conçu comme une alternative au réseau militaire américain, opérationnel depuis 1993 et contrôlé par le Pentagone. La constellation compte désormais 29 satellites actifs, positionnés à 23 222 kilomètres d’altitude, et équipe les puces d’environ 5 milliards d’utilisateurs à travers le monde. Sa précision atteint 1 mètre pour le grand public et descend au centimètre pour les usages professionnels, en agriculture ou dans le bâtiment.

Quatre satellites supplémentaires doivent rejoindre la constellation dans les 12 à 16 prochains mois, pour achever la première génération de Galileo. Une seconde génération est déjà en préparation : douze satellites sont en production chez Thales Alenia Space et Airbus Defence and Space. Ils embarqueront des charges utiles entièrement numériques, une propulsion électrique, des liaisons inter-satellites et des horloges atomiques expérimentales.

Celeste, une couche complémentaire testée en orbite basse

Le 28 mars 2026, deux microsatellites de la mission Celeste ont décollé de Nouvelle-Zélande. Objectif : tester une couche de navigation complémentaire à 510 kilomètres d’altitude, en orbite basse, là où les signaux arrivent plus puissants et résistent mieux au brouillage. Cette proximité leur permet aussi de pénétrer là où Galileo peine encore, dans les bâtiments, les canyons urbains ou les régions polaires.

Le 8 avril 2026, le laboratoire de navigation de l’Agence spatiale européenne, à Noordwijk, a capté le tout premier signal de navigation européen émis depuis l’orbite basse, en double fréquence. Huit satellites supplémentaires doivent rejoindre la constellation dès 2027. Roberto Prito, responsable du programme Celeste, justifie cette diversification en expliquant que de nombreuses personnes ne veulent plus se fier à des systèmes étrangers.

Cette défiance trouve un écho concret en mer Baltique. Tout au long de l’année 2025, l’autorité maritime suédoise y a signalé des perturbations GPS massives, brouillage brut et leurrage par faux signaux confondus. Les secteurs qui dépendent de la fiabilité du signal de positionnement, transports, réseaux électriques, marchés financiers et services d’urgence, pèsent à eux seuls 10 % du PIB annuel de l’Union européenne.

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