Voiture électrique : le Royaume-Uni mobilise 100 millions de livres pour alléger la recharge dans la rue

Le budget britannique du 28 octobre prévoit une aide de 100 millions de livres sur deux ans pour réduire le coût des bornes publiques de proximité. Londres vise une économie moyenne d’environ 150 livres par an pour les conducteurs qui ne peuvent pas recharger chez eux, une question qui se pose aussi en France.

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Voiture électrique : le Royaume-Uni mobilise 100 millions de livres pour alléger la recharge dans la rue © L'Automobiliste

Le Royaume-Uni veut réduire l’écart de coût entre les automobilistes qui rechargent leur voiture électrique chez eux et ceux qui dépendent des bornes installées dans la rue. Dans son budget présenté le 28 octobre 2026, Londres annonce 100 millions de livres sur deux ans pour faire baisser le prix de la recharge publique de proximité, à partir du printemps 2027.

Le gouvernement estime que les conducteurs concernés pourraient économiser environ 150 livres par an en moyenne. Ce montant constitue une prévision pour les usagers sans possibilité de recharge à domicile qui utilisent les bornes de rue, et non une réduction forfaitaire accordée à tous les propriétaires de véhicules électriques.

Des bornes de quartier plutôt que des stations d’autoroute

Le financement ciblera les points de recharge publics de faible puissance situés près des logements, où une voiture peut rester branchée plusieurs heures ou toute la nuit. Selon le Trésor britannique, ces équipements représentent environ un tiers du réseau public du pays. Le ministère des Transports doit encore préciser les modalités de distribution de l’aide et sa traduction dans les tarifs payés par les conducteurs.

Ce choix distingue deux usages : la recharge rapide, destinée notamment aux déplacements longs, et la recharge régulière près du domicile. Pour un ménage sans garage ni place privative, cette seconde solution remplace souvent la prise domestique dont bénéficient d’autres automobilistes. Son prix peut donc peser directement sur le coût quotidien d’une voiture électrique.

La recharge publique est devenue nettement plus chère

La décision s’appuie sur une étude indépendante publiée le même jour, consacrée aux prix pratiqués sur le réseau britannique. D’après les chiffres repris par le gouvernement, les tarifs moyens des bornes de faible puissance ont augmenté de 69 % en termes réels depuis 2021. Ceux des bornes de forte puissance ont progressé de 94 % sur la même période.

Le problème touche particulièrement les ménages qui ne disposent pas d’une place de stationnement hors voirie : le gouvernement estime qu’environ un tiers des foyers britanniques sont dans cette situation. Le prix d’achat d’un véhicule électrique ne suffit alors pas à apprécier son coût d’utilisation ; l’accès à une recharge régulière à tarif abordable devient déterminant.

Utiliser son tarif d’électricité domestique sur une borne publique ?

Londres annonce également un groupe de travail chargé d’examiner une autre piste : permettre à certains conducteurs de bénéficier de leur contrat d’électricité domestique sur des bornes publiques de proximité. Le principe, désigné au Royaume-Uni par l’expression « tariff porting », reste à l’étude. Les conditions techniques, commerciales et réglementaires devront être définies avant toute éventuelle application.

Les 100 millions de livres constituent donc la mesure budgétaire annoncée, tandis que le transfert du tarif domestique relève d’un chantier distinct. Cette différence est importante pour apprécier ce qui pourrait effectivement changer sur les factures à partir de 2027.

En France, le nombre de bornes ne règle pas à lui seul la question du prix

Pour les automobilistes français, l’expérience britannique met en lumière un enjeu concret : l’électrification ne présente pas les mêmes conditions économiques selon que l’on peut brancher son véhicule chez soi ou que l’on dépend d’un réseau public. La France disposait de 202 804 points de recharge ouverts au public fin septembre 2026, selon le baromètre Avere-France réalisé avec le ministère chargé de la Transition écologique et Gireve.

Cette progression du réseau améliore les possibilités de recharge, mais le tarif, la puissance disponible et l’emplacement restent essentiels pour comparer les coûts d’usage. Dans les immeubles collectifs, l’équipement des parkings constitue un autre levier : 18 289 immeubles étaient déjà dotés d’une infrastructure collective au deuxième trimestre 2026, d’après Avere-France.

L’aide annoncée à Londres concerne le marché britannique. Elle montre toutefois pourquoi les politiques de recharge s’intéressent désormais, au-delà du déploiement des bornes, au prix effectivement payé par les conducteurs qui n’ont pas accès à une prise privée.

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