Voiture électrique : l’Europe accélère, les États-Unis décrochent

Au troisième trimestre 2026, les immatriculations de voitures électriques atteignent 4,3 millions dans les 43 marchés étudiés par PwC. La progression est particulièrement forte en Europe, tandis que les États-Unis poursuivent leur recul. En France, les dernières statistiques confirment le poids croissant des modèles à batterie.

Publié le
Lecture : 3 min
Af62e445 Marche Mondial Voiture Electrique 2026
Voiture électrique : l’Europe accélère, les États-Unis décrochent © L'Automobiliste

Le marché mondial de la voiture électrique progresse, mais à des rythmes très différents selon les continents. Au troisième trimestre 2026, 4,3 millions de voitures entièrement électriques ont été immatriculées dans les 43 marchés suivis par PwC Autofacts, un record pour ce panel. Les cinq principaux marchés européens accélèrent nettement, alors que les ventes américaines restent pénalisées par la disparition des incitations fédérales.

Ces résultats, présentés le 29 octobre dans le cadre de l’Electric Vehicle Sales Review de PwC et détaillés par VISION mobility, éclairent les choix industriels des constructeurs présents en France : les mêmes modèles doivent désormais répondre à des marchés dont les préférences et les politiques d’achat divergent.

En Europe, les voitures électriques gagnent rapidement du terrain

En Allemagne, en France, en Italie, en Espagne et au Royaume-Uni, les immatriculations de voitures à batterie ont augmenté de 66 % sur un an au troisième trimestre, dépassant ensemble 600 000 unités. Leur part atteint 27 % des nouvelles immatriculations de ces cinq marchés, contre moins d’un quart pour les voitures exclusivement thermiques, selon l’analyse de PwC reprise par VISION mobility.

L’Allemagne illustre cette évolution : environ 236 000 voitures électriques y ont été immatriculées entre juillet et septembre. Leur part de marché atteint 32 %, devant les voitures exclusivement à essence ou diesel, à 29 %. Ce basculement concerne les ventes de véhicules neufs durant le trimestre, et non l’ensemble des automobiles en circulation.

La France participe à cette dynamique. Les statistiques de l’Association des constructeurs européens d’automobiles font état d’une hausse de 79,1 % des immatriculations françaises de voitures électriques sur les neuf premiers mois de 2026. Dans l’Union européenne, cette motorisation représente 22,7 % des voitures neuves sur la même période, tandis que les hybrides non rechargeables conservent la première place avec 36,3 %. Les deux séries portent sur des périodes et des périmètres distincts.

La Chine domine les volumes, les États-Unis suivent une trajectoire inverse

La Chine reste le premier débouché mondial pour les voitures à batterie. PwC y recense environ 2,5 millions d’immatriculations au troisième trimestre, avec une part de marché de 49 %. Le poids du marché chinois explique en grande partie le record global, même si la croissance des volumes y est moins rapide qu’en Europe.

Aux États-Unis, la situation est différente. La part des voitures entièrement électriques retombe à 6 % au troisième trimestre, après avoir atteint 10 % un an plus tôt. Les hybrides classiques y gagnent du terrain. Une synthèse de l’agence dpa publiée le 29 octobre chiffre à 746 000 les immatriculations américaines de voitures électriques sur les neuf premiers mois, en recul de 29 %.

Ces différences ont une conséquence industrielle directe : un constructeur qui vend en Europe, en Chine et aux États-Unis ne peut pas anticiper la même répartition entre électrique, hybride et thermique sur chacun de ces marchés. Les investissements dans les gammes, les batteries et les réseaux commerciaux dépendent de ces débouchés.

Pour les acheteurs français, le prix reste aussi important que la motorisation

La progression des immatriculations élargit le marché des véhicules électriques et intensifie la concurrence entre constructeurs européens et asiatiques. Elle ne donne toutefois pas, à elle seule, le prix d’achat réellement proposé dans les concessions françaises. Celui-ci varie selon les versions, les remises, les aides accessibles et les conditions de financement.

Les coûts d’utilisation constituent un autre élément de comparaison. PwC souligne, dans son étude internationale, l’avantage énergétique de l’électrique pour les conducteurs pouvant recharger régulièrement à domicile ou au travail. Pour un ménage français, l’intérêt économique dépend concrètement du tarif de l’électricité, du prix des carburants, du kilométrage, du coût de l’assurance et de la décote du véhicule.

Le contraste entre les trois grands pôles automobiles reste déterminant pour l’offre future : l’Europe accélère sa transition, la Chine conserve une avance considérable en volumes et les États-Unis privilégient davantage l’hybride. Les constructeurs vendant en France devront continuer à adapter leurs modèles et leurs tarifs à cette géographie mouvante.

Laisser un commentaire