Le constructeur chinois BYD a vu son bénéfice net progresser de 28,1 % au troisième trimestre 2026, alors que la demande reste difficile sur son marché intérieur. Ses ventes internationales ont plus que doublé sur un an : l’exportation devient un ressort central de sa croissance et de sa concurrence avec les marques européennes.
Un bénéfice trimestriel en hausse, mais un bilan annuel plus contrasté
Dans son rapport trimestriel publié le 29 octobre, BYD annonce un bénéfice net attribuable aux actionnaires de 10,02 milliards de yuans, soit une progression de 28,08 % sur un an. Son chiffre d’affaires atteint 221,49 milliards de yuans, en hausse de 13,59 %. Le résultat est positif, mais inférieur aux prévisions de plusieurs maisons de courtage recueillies par Reuters.
La lecture change lorsqu’on considère les neuf premiers mois de l’année. Sur cette période, le chiffre d’affaires de BYD est quasiment stable, à 566,30 milliards de yuans, et son bénéfice net recule de 4,24 %, à 22,34 milliards. Le redressement du troisième trimestre intervient donc après un début d’année plus difficile.
La croissance se déplace vers les marchés étrangers
BYD a vendu plus de 1,32 million de véhicules dans le monde entre juillet et septembre, soit environ 18,8 % de plus qu’un an auparavant, selon les calculs de Reuters à partir des données du constructeur. Les expéditions à l’étranger ont plus que doublé et compensé la faiblesse des ventes en Chine, où la concurrence entre fabricants de véhicules électriques et hybrides rechargeables reste intense.
Cette évolution est importante pour le marché automobile européen. BYD y cherche de nouveaux débouchés pour ses modèles électriques et hybrides rechargeables, tout en développant une implantation industrielle hors de Chine. L’expansion internationale accroît la pression concurrentielle sur les constructeurs historiques, mais expose également BYD aux droits de douane, aux règles européennes et aux coûts de distribution.
Les chiffres de septembre illustrent ce déplacement géographique : BYD déclarait alors 180 700 véhicules à énergie nouvelle exportés sur le seul mois, dans son communiqué mensuel de production et de ventes. Cette donnée est distincte des ventes mondiales du trimestre et ne constitue pas, à elle seule, un indicateur des immatriculations en Europe.
Stocks et créances augmentent avec l’expansion
La croissance internationale a aussi un coût financier. À fin septembre, BYD comptabilise 221,58 milliards de yuans de stocks, en hausse de 60,08 % par rapport à fin décembre 2025. Ses créances clients progressent de 52,61 % sur la même période. Dans son rapport, le groupe rattache ces évolutions à l’essor de son activité automobile à l’étranger et à la constitution de stocks.
Ces montants ne se traduisent pas mécaniquement par des invendus : ils reflètent aussi des véhicules et des composants mobilisés pour servir davantage de marchés. Ils montrent néanmoins les besoins de financement qu’implique une expansion rapide, notamment lorsque les délais d’acheminement et de règlement s’allongent.
BYD dispose d’une gamme allant des voitures électriques aux hybrides rechargeables et investit dans des capacités de production à l’étranger. Pour les automobilistes européens, l’enjeu se jouera dans les prochains mois sur la disponibilité des modèles, leur prix et le réseau commercial. Pour le constructeur, la question est désormais de transformer la progression de ses ventes internationales en rentabilité durable.


