La Fondation Vinci Autoroutes vient de lancer une campagne de prévention pour mettre en lumière les dangers du protoxyde d’azote – ce fameux gaz hilarant – quand il est consommé au volant. Ce problème concerne surtout les moins de 35 ans et représente un risque non négligeable pour la sécurité routière, en raison des infractions routières liées à la consommation de substances. Même s’il procure une sensation d’euphorie, ce gaz peut entraîner des troubles neurologiques importants ainsi que des complications vasculaires, rendant la conduite très périlleuse voire mortelle.
Une pratique préoccupante chez les jeunes
Une enquête réalisée par Ipsos entre le 6 et le 13 juin 2025 montre que 10 % des jeunes de moins de 35 ans ont déjà consommé du protoxyde d’azote lors de soirées entre amis. Parmi eux, 50 % confirment l’avoir utilisé en conduisant. Par ailleurs, 7 % des moins de 35 ans ont été passagers d’un véhicule dont le conducteur était sous l’emprise de ce gaz. Ces résultats témoignent d’une méconnaissance des dangers associés : 10 % des jeunes âgés de 16 à 24 ans estiment que consommer ce gaz en conduisant ne présente aucun risque, tandis que 11 % pensent qu’être passager dans ces conditions n’est pas dangereux.
Les vraies conséquences du protoxyde d’azote
Le protoxyde d’azote offre une euphorie qui dure environ une minute, mais affecte la perception et la coordination de manière similaire à l’alcool ou au cannabis. Le professeur Jean-Claude Alvarez explique que ce gaz entraîne « une désinhibition, des distorsions visuelles et auditives » – des effets qui rendent la conduite extrêmement risquée. D’autant que les accidents de la route liés à ce produit sont en hausse. On se souvient tragiquement de Keny, décédé en 2020 alors qu’il était passager d’une voiture conduite par quelqu’un ayant consommé du protoxyde d’azote.
Guillaume Grzych, président de l’association Protoside, note également une augmentation des patients présentant des séquelles dues à une consommation régulière de gaz hilarant. Il déplore au micro de France Info : « Les chiffres ne cessent d’augmenter, et on tire la sonnette d’alarme depuis un moment déjà. »
Des règles pas vraiment adaptées et la nécessité de sensibiliser
Aujourd’hui, les bonbonnes de protoxyde d’azote se trouvent facilement sur les réseaux sociaux et dans les commerces de proximité. Pourtant, aucune sanction spécifique n’est prévue pour les automobilistes qui consomment ce gaz au volant. Bernadette Moreau, déléguée générale de la Fondation Vinci Autoroutes, demande que la réglementation soit revue pour combler ce manque. Pour elle, « il faut que la réglementation évolue […] il faut développer la communication et l’information. »
La campagne choc de Vinci Autoroutes a pour but de prévenir le public sur ces dangers méconnus, dans le cadre de la prévention routière. Un clip intitulé « Protoxyde d’azote : rien d’hilarant » présente de façon percutante les conséquences possibles : accidents de voiture, blessures sérieuses et la douleur des proches en deuil. Cette initiative s’accompagne d’un dispositif de sensibilisation déployé sur huit aires du réseau autoroutier.





