Le spectre d’une nouvelle hausse des prix à la pompe revient alors que beaucoup d’automobilistes espéraient une accalmie. À l’origine, un rebond spectaculaire des cours du pétrole, poussé par des tensions géopolitiques montantes et des perturbations inattendues dans l’approvisionnement. Cette situation pourrait annoncer de nouvelles hausses qui alourdiraient encore le budget des ménages.
Ça repart pour les cours pétroliers à l’international
Les prix du pétrole repartent à la hausse après une courte accalmie. Le baril de West Texas Intermediate (WTI), destiné à être livré en mai, culmine à 95,33 €, soit une progression de 7,40 % en fin d’échanges asiatiques. De son côté, le Brent de la mer du Nord pour livraison en juin s’affiche à 93,62 €, en hausse de 6,97 %. Ces mouvements montrent bien la volatilité des marchés pétroliers.
L’annonce récente du président des États‑Unis, Donald Trump, sur la mise en place imminente d’un blocus des ports iraniens a largement alimenté cette tendance haussière. Ce blocus, décidé après l’échec des négociations sur le dossier nucléaire iranien, devrait entrer en vigueur dès lundi prochain. L’amiral Shahram Irani, chef de la marine militaire iranienne, a répliqué en qualifiant ces menaces de « ridicules et amusantes ». La situation au détroit d’Ormuz est particulièrement tendue.
Ce que ça change pour les prix à la pompe en France
En France, la hausse des cours mondiaux se fait déjà sentir. Le prix moyen du litre de gazole était de 2,333 € le 13 avril à 09h00, en légère baisse par rapport à son pic récent de 2,398 €. Cette décrue, amorcée le 8 avril, reste limitée et pourrait rapidement être annulée par la nouvelle pression sur les prix, soulignant l’impact économique de ces fluctuations.
La tension se voit aussi au niveau de l’approvisionnement des stations‑service. Selon Prix-carburants.gouv.fr, 11 % des stations faisaient face à des difficultés d’approvisionnement en carburant le 13 avril. La situation est particulièrement tendue en Île‑de‑France, où 14 % des stations sont concernées, tandis que la région Nouvelle‑Aquitaine voit 9 % de stations touchées, soit une hausse d’un point depuis le 11 avril.
Politique et perspectives économiques : qui paie la note ?
L’État français se retrouve aujourd’hui limité dans sa capacité à amortir ces hausses. Pierre Moscovici, ancien ministre de l’Économie et ancien président de la Cour des comptes, a souligné que la France n’a plus de marges de manœuvre budgétaires, rapporte Next Plz. Il critique les mesures permanentes, qu’il juge « imprudentes », et estime que « baisser les taxes coûterait 1 milliard d’euros par mois ; 12 milliards d’euros par an ». À cela s’ajoute le coût net du bouclier tarifaire, qui représente déjà 36 milliards d’euros entre 2021 et 2024. Les propositions politiques récentes, le blocage des prix porté par La France insoumise ou la forte baisse des taxes soutenue par le Rassemblement national, apparaissent elles aussi incertaines.






