Volkswagen : l’électrique remplit les carnets de commandes, mais pèse encore sur les marges

Volkswagen annonce 150 000 commandes pour sa future famille de petites voitures électriques et une hausse de 39 % des commandes de modèles à batterie en Europe. Ses résultats du 29 octobre révèlent pourtant une perte opérationnelle de 5,86 milliards d’euros au troisième trimestre, largement liée à des charges exceptionnelles.

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Volkswagen : l’électrique remplit les carnets de commandes, mais pèse encore sur les marges © L'Automobiliste

Les voitures électriques séduisent davantage de clients européens chez Volkswagen, mais leur succès commercial reste difficile à transformer en bénéfices. Dans ses résultats publiés le 29 octobre 2026, le groupe allemand annonce une progression de 39 % des commandes de véhicules entièrement électriques en Europe sur les neuf premiers mois de l’année. Dans le même temps, il enregistre une perte opérationnelle de 5,86 milliards d’euros au troisième trimestre.

Cette divergence éclaire la transformation de l’un des plus grands groupes automobiles européens, propriétaire notamment de Volkswagen, Škoda, Cupra, Audi et Porsche. Pour les acheteurs français, elle concerne directement l’avenir des gammes électriques accessibles et la capacité des constructeurs à les produire à un coût compétitif.

Les électriques représentent 40 % des commandes en attente en Europe

À la fin septembre, les voitures entièrement électriques constituaient environ 40 % du carnet de commandes européen du groupe, qui totalisait près de 1,1 million de véhicules. Volkswagen fait également état de quelque 150 000 commandes pour sa famille de petites voitures électriques, baptisée « Electric Urban Car Family ».

Sur l’ensemble des motorisations, les prises de commandes européennes progressent de 4 % sur neuf mois, pour atteindre 3 millions de véhicules. L’écart avec la hausse de 39 % des commandes électriques illustre la place croissante de cette technologie dans le renouvellement de l’offre du groupe.

Cette dynamique rejoint celle du marché européen : d’après les données de l’Association des constructeurs européens d’automobiles, les modèles à batterie représentaient 22,7 % des immatriculations de voitures neuves dans l’Union entre janvier et septembre 2026, contre 16,1 % sur la même période de 2025.

Une perte trimestrielle aggravée par les dépréciations

Les comptes du troisième trimestre sont fortement dégradés : le résultat opérationnel ressort à −5,86 milliards d’euros, contre −1,30 milliard un an plus tôt. Le chiffre d’affaires trimestriel recule de 6,3 %, à 75,28 milliards d’euros, tandis que les livraisons mondiales diminuent de 14,3 %, à 1,885 million de véhicules.

Le groupe a comptabilisé 7,8 milliards d’euros de charges exceptionnelles sur le trimestre, dont une dépréciation non monétaire de 6,4 milliards d’euros liée à Porsche. Cette composante comptable explique une part essentielle du déficit affiché. Sur les neuf premiers mois, le résultat opérationnel avant éléments exceptionnels atteint encore 8,8 milliards d’euros, mais la marge correspondante se limite à 3,8 %.

La direction souligne aussi la pression des droits de douane américains, la faiblesse de son activité chinoise et la concurrence accrue en Europe. Elle indique gagner actuellement moins sur les véhicules électriques que sur les modèles à moteur thermique. Le problème porte donc à la fois sur des charges ponctuelles et sur la rentabilité courante de la transition.

Produire des modèles électriques abordables sans perdre en rentabilité

Volkswagen veut répondre à cette situation par une gamme simplifiée, une réduction des coûts de fabrication, des structures moins complexes et un développement technologique plus rapide. Son programme d’économies représente environ 31 milliards d’euros, selon la présentation financière du groupe.

Le défi est particulièrement concret sur les petites voitures : pour élargir le marché, les constructeurs doivent proposer des modèles moins chers que les grandes berlines électriques, tout en maîtrisant le coût des batteries, des logiciels et de l’assemblage. Les 150 000 commandes revendiquées pour la famille de citadines électriques témoignent d’un intérêt commercial ; la rentabilité de ces ventes dépendra de leur industrialisation.

Pour les clients français, la suite se jouera dans les catalogues, les tarifs et les délais de livraison des marques du groupe. Les chiffres publiés permettent déjà de mesurer deux tendances simultanées : la demande européenne de voitures électriques s’accélère, tandis que leur production reste un défi économique majeur pour les constructeurs historiques.

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