Volkswagen teste des voitures sans conducteur dans un port : la logistique automobile change d’échelle

Volkswagen a achevé à Emden, en Allemagne, une expérimentation de déplacement automatisé de voitures sur un terminal portuaire. Pilotés par une infrastructure associant capteurs, réseau 5G et informatique de proximité, les véhicules ont évolué dans un environnement partagé avec des conducteurs humains.

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Volkswagen teste des voitures sans conducteur dans un port : la logistique automobile change d’échelle © L'Automobiliste

Faire circuler des voitures neuves sans conducteur entre des zones de stockage, des voies de circulation et des points de chargement : Volkswagen vient de clore une expérimentation de cette organisation au port d’Emden, dans le nord de l’Allemagne. Le constructeur a présenté le 28 octobre 2026 les enseignements du projet AutoLog, conduit pendant plus de deux ans avec Deutsche Telekom, la société finlandaise Unikie et l’institut allemand BIBA.

Le dispositif répond à une question industrielle précise : comment déplacer les véhicules sur les terminaux automobiles sans mobiliser un conducteur pour chaque trajet, tout en maintenant les opérations habituelles ? Selon le communiqué de Volkswagen, les essais ont notamment porté sur la coexistence de voitures automatisées et de véhicules conduits manuellement.

Un rond-point, des véhicules en mouvement et un réseau 5G public

Le terrain d’essai d’Emden ne se limitait pas à un parking fermé. Il comprenait des voies de circulation, des emplacements de stationnement et un rond-point fréquenté, de façon à confronter le système à des situations représentatives d’une plateforme logistique en activité.

Le logiciel Unikie Marshalling Solution coordonne les déplacements à partir d’une représentation numérique des espaces. La communication entre les voitures et l’infrastructure s’appuie sur le réseau 5G public de Deutsche Telekom, complété par des capacités adaptées aux exigences de l’expérimentation. Le traitement des données repose sur une infrastructure informatique de proximité, dite edge computing, reliée par fibre optique.

Cette architecture déplace une partie de la complexité vers l’environnement logistique : les véhicules doivent fonctionner avec les capteurs, les communications et le logiciel de supervision du site. Les partenaires ont également travaillé sur la coordination avec les personnes et les autres usagers présents dans la zone d’essai.

Le chargement sur les trains également expérimenté

AutoLog a été soutenu par le ministère fédéral allemand des Transports. Volkswagen indique que ses équipes ont également coopéré avec l’usine Audi d’Ingolstadt pour expérimenter le positionnement automatisé de voitures sur des wagons ferroviaires. Le transfert vers le train représente une autre opération délicate de la chaîne de distribution, où la précision des manœuvres est déterminante.

L’ampleur des flux explique cet intérêt. D’après les informations de l’agence allemande dpa consacrées à l’expérimentation, près de 1,2 million de véhicules du groupe ont transité par Emden en 2025. Volkswagen expédie par ailleurs des automobiles depuis plus de quarante ports dans le monde. Même de courts déplacements répétés constituent donc une opération logistique à grande échelle.

Une innovation pour les terminaux, pas encore un déploiement commercial

Les partenaires présentent AutoLog comme une phase d’essais achevée et une base de travail pour d’autres applications. Le communiqué ne donne ni calendrier de généralisation, ni gain de productivité mesuré, ni réduction chiffrée des coûts ou des émissions. Le constructeur et Unikie doivent encore évaluer les conditions d’un éventuel déploiement industriel.

La question intéresse aussi la filière automobile française. Les voitures fabriquées, importées ou exportées en Europe passent par des usines, des parcs de stockage, des terminaux portuaires et des plateformes ferroviaires qui imposent de nombreuses manœuvres. L’automatisation de ces déplacements internes pourrait devenir un levier d’organisation pour les logisticiens, distinct de la conduite autonome sur route ouverte.

Pour les automobilistes français, aucune nouvelle fonction embarquée ni modification des véhicules commercialisés n’est annoncée à ce stade. L’enjeu se situe en amont de la concession : faire évoluer la manière dont une voiture quitte son usine, rejoint un moyen de transport et progresse jusqu’au réseau de distribution. À Emden, les essais sont terminés ; la prochaine étape consiste à déterminer quelles opérations peuvent être reproduites à l’échelle d’un véritable terminal.

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