Les ventes de voitures particulières 100 % électriques de Stellantis ont augmenté de 65 % dans son périmètre européen EU30 entre juillet et septembre 2026, selon les résultats trimestriels publiés par le constructeur le 28 octobre. Le groupe, qui rassemble notamment Peugeot, Citroën, Opel et Fiat, bénéficie de la demande en France, en Allemagne et au Royaume-Uni. Ses ventes totales dans la zone progressent toutefois de seulement 1 % sur un an.
L’électrique avance beaucoup plus vite que l’ensemble des ventes
La progression de 65 % concerne les voitures particulières électriques à batterie vendues par Stellantis dans les pays de l’EU30 au troisième trimestre, et non l’ensemble du marché automobile européen. Le groupe annonce une hausse de 93 % lorsqu’il intègre les ventes de son partenaire Leapmotor au calcul. Les véhicules utilitaires légers électriques affichent, de leur côté, une croissance de 46 %.
Stellantis attribue aussi la progression de son activité européenne à sa famille de véhicules abordables « Smart Car », dont les ventes augmentent de 36 % sur un an. Le constructeur ne fournit pas, dans son communiqué de résultats, de ventilation permettant d’attribuer précisément la hausse des ventes électriques à chaque modèle ou à chaque pays.
Ce dynamisme s’inscrit dans un marché où l’électrification prend davantage de place. L’Association des constructeurs européens d’automobiles (ACEA) publie des statistiques d’immatriculations qui permettent de suivre cette transformation à l’échelle de l’Union européenne. Ces immatriculations et les ventes déclarées par un constructeur reposent sur des périmètres différents : leurs taux de croissance ne se comparent pas directement.
Une part de marché qui recule malgré la poussée électrique
Sur l’ensemble des motorisations, Stellantis indique avoir réalisé 14,8 % des ventes de véhicules dans l’EU30 au troisième trimestre, soit 0,6 point de moins qu’un an plus tôt. En incluant Leapmotor, cette part atteint 15,6 %, en retrait de 0,1 point. La croissance des modèles électriques ne suffit donc pas à compenser, à elle seule, l’évolution des positions commerciales du groupe sur l’ensemble de ses gammes.
Le constructeur conserve une position importante sur les utilitaires légers, avec 26,9 % du marché EU30 selon ses propres données, mais cette proportion recule de 1,1 point sur un an. Il annonce vouloir étoffer son offre avec un fourgon compact de sa gamme Pro One.
Le redressement financier reste un chantier
À l’échelle mondiale, Stellantis a réalisé 37,6 milliards d’euros de chiffre d’affaires au troisième trimestre, en hausse de 1 %. Sa perte nette s’établit à 453 millions d’euros, contre 4,532 milliards un an auparavant, période marquée par d’importantes charges. Le résultat opérationnel courant ajusté atteint 256 millions d’euros, soit une marge de 0,7 %.
Les données détaillées communiquées par Stellantis montrent que l’Europe élargie reste la seule grande région du groupe dont la marge opérationnelle ajustée est négative. La croissance des volumes électriques et le retour à une rentabilité satisfaisante constituent donc deux enjeux distincts.
Le groupe a également enregistré un flux de trésorerie disponible industriel négatif de 4 milliards d’euros sur le trimestre. Il maintient son objectif de redevenir positif sur cet indicateur en 2027, une prévision qui dépendra notamment de la poursuite des économies et de l’évolution de la production.
Ce que ces chiffres disent du marché automobile
La forte hausse des ventes électriques confirme que Stellantis parvient à attirer davantage de clients vers ses modèles à batterie en Europe. Pour les automobilistes, l’enjeu commercial se jouera désormais dans les concessions : prix des versions disponibles, délais de livraison, autonomie, recharge et coût d’utilisation restent déterminants au moment de choisir un véhicule.
Le prochain test pour le constructeur sera de transformer cette dynamique en ventes durables, tout en redressant ses marges européennes. Les résultats du 28 octobre montrent une progression commerciale nette dans l’électrique, mais aussi l’ampleur du travail restant sur la rentabilité.
