Utilitaires et camions : le marché français recule, l’électrique progresse

En France, les immatriculations de camionnettes ont baissé de 5,6 % et celles des camions de 1,6 % sur les neuf premiers mois de 2026. Les poids lourds rechargeables progressent pourtant de 60,2 %, selon les statistiques européennes publiées par l’ACEA.

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Utilitaires et camions : le marché français recule, l’électrique progresse © L'Automobiliste

En France, les immatriculations de camionnettes ont baissé de 5,6 % et celles des camions de 1,6 % sur les neuf premiers mois de 2026. Les poids lourds rechargeables progressent pourtant de 60,2 %, selon les statistiques européennes publiées par l’ACEA.

Le marché français des véhicules professionnels avance à deux vitesses. Entre janvier et septembre 2026, les immatriculations de véhicules utilitaires légers ont diminué de 5,6 % par rapport à la même période de 2025, tandis que celles des camions reculaient de 1,6 %. Ces résultats, publiés le 28 octobre par l’Association des constructeurs européens d’automobiles (ACEA), contrastent avec la croissance des poids lourds dans l’ensemble de l’Union européenne.

Les camionnettes françaises reculent davantage que le marché européen

Dans l’Union européenne, 1 073 427 camionnettes neuves ont été immatriculées sur les trois premiers trimestres. Le marché est resté pratiquement stable. La France fait moins bien, tout comme l’Allemagne, où les immatriculations ont baissé de 4,1 %, et l’Italie, en recul de 5,1 %. L’Espagne se distingue avec une progression de 6,9 %.

Ces différences comptent pour les constructeurs comme pour les professionnels du transport, de l’artisanat et de la livraison. Les chiffres décrivent les véhicules nouvellement immatriculés, pas le volume total des utilitaires déjà en circulation. Ils ne permettent pas, à eux seuls, d’attribuer le recul français à un facteur unique, qu’il s’agisse des coûts de financement, des prix de l’énergie ou du renouvellement des flottes.

Les camions progressent en Europe, mais pas en France

Les immatriculations de camions neufs ont augmenté de 7,5 % dans l’Union européenne, pour atteindre 245 079 unités. Cette reprise est surtout portée par les poids lourds, en hausse de 8,5 %, tandis que les camions de tonnage intermédiaire gagnent 2,5 %.

La Pologne affiche une croissance de 20,5 %, l’Espagne de 13,2 % et l’Allemagne de 2,5 %. En France, le marché total des camions recule de 1,6 %. La progression européenne part toutefois d’un niveau de comparaison relativement faible, souligne l’ACEA : elle ne traduit pas une accélération identique dans tous les pays.

Les camions rechargeables gagnent du terrain

Au sein du marché français, les immatriculations de camions rechargeables augmentent de 60,2 %. La progression atteint 49,8 % à l’échelle européenne. L’Allemagne, la France et les Pays-Bas concentrent ensemble 74 % des nouvelles immatriculations européennes de camions rechargeables.

La part de cette motorisation demeure limitée : les véhicules rechargeables représentent 5,3 % des nouveaux camions immatriculés dans l’Union européenne. Le diesel conserve 91,7 % du marché. Le contraste entre la forte croissance des modèles rechargeables et leur faible part totale reflète un segment encore en développement.

Pour les camionnettes, l’électrification avance également. Les modèles rechargeables gagnent 38,2 % dans l’Union et atteignent 14,1 % des immatriculations, contre 10,2 % un an plus tôt. Le diesel reste majoritaire, avec 78,1 % des nouveaux utilitaires légers, malgré une diminution de sa part.

Les autobus constituent une exception française

Le marché des autobus et autocars suit une trajectoire différente. Leurs immatriculations augmentent de 10,5 % en France et de 15,2 % dans l’ensemble de l’Union européenne, où 32 695 véhicules ont été enregistrés depuis janvier.

Les autobus rechargeables représentent désormais 26,4 % des nouvelles immatriculations européennes, contre 22,1 % sur les neuf premiers mois de 2025. Leur volume progresse de 37,6 %, tandis que les autobus diesel conservent 58,4 % du marché.

Les chiffres dessinent ainsi trois réalités pour les véhicules professionnels : des camionnettes en difficulté en France, un marché européen du camion en reprise et une électrification qui gagne des parts dans chaque catégorie, à des rythmes très différents. Les prochaines statistiques permettront de voir si le recul français des utilitaires et des camions se prolonge jusqu’à la fin de l’année.

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