L’annonce a fait l’effet d’une bombe dans le secteur automobile. Les États-Unis augmentent de 25 % les droits de douane sur les véhicules qui ne sont pas produits sur le sol américain. Un coup dur, surtout pour les constructeurs européens.
La hausse des droits de douane, une mauvaise nouvelle pour l’Europe
Depuis la Maison-Blanche, Donald Trump vient de prendre une décision aux allures de coup de tonnerre : l’instauration de droits de douane de 25 % sur tous les véhicules importés aux États-Unis. Cette mesure protectionniste, qui prendra effet dès le 2 avril 2025, concerne l’ensemble des constructeurs automobiles non américains, sans distinction géographique. Derrière cette déclaration se cache une logique électorale bien huilée : reconquérir l’électorat industriel, sans oublier de préserver les marques américaines, parfois concurrencées directement sur le marché des États-Unis.
La hausse annoncée fait passer la taxe sur les véhicules importés de 2,5 % à 27,5 %, un bond spectaculaire qui redessine brutalement la géographie commerciale du secteur. L’Europe, et plus particulièrement l’Allemagne, est en première ligne. En 2024, 445 000 véhicules allemands ont été expédiés vers les États-Unis pour une valeur de 24,8 milliards de dollars, soit 13,1 % de ses exportations automobiles. Or, de nombreux constructeurs allemands comme Porsche ou Audi ne possèdent aucune unité d’assemblage sur le sol américain. Toutefois, ces marques haut de gamme bénéficient d’une clientèle moins sensible au prix, ce qui rend l’impact moins critique que pour d’autres segments.
La France, quant à elle, est relativement épargnée : en 2023, les véhicules français ne représentaient que 0,1 % des importations automobiles américaines.
Vers une riposte européenne ?
La décision de Trump a provoqué une levée de boucliers immédiate à Bruxelles. Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne, a exprimé son « profond regret » face à cette mesure unilatérale. Emmanuel Macron a dénoncé une « perte de temps » et annoncé l’intention des Européens de mettre en place des mesures de rétorsion coordonnées.
Mais en coulisses, les tensions apparaissent. L’Allemagne, première visée, espère une réaction forte de la part de ses partenaires, notamment de la France, à qui elle demande d’assumer un front commun européen. En tout cas, pour l’ensemble des constructeurs européens qui ne sont pas présents aux États-Unis, cette annonce pourrait faire vaciller même les marques les plus établies. Cependant, ils fondent aussi beaucoup d’espoirs sur les mesures de rétorsion prises par le Vieux Continent ou sur un éventuel retour en arrière de l’administration Trump, afin d’éviter un drame industriel.






