Les conducteurs se filment de plus en plus : ces caméras qui peuvent désormais vous incriminer

Les dashcams, de plus en plus prisées, transforment la conduite en un véritable acte de vigilance.

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Les conducteurs se filment de plus en plus : ces caméras qui peuvent désormais vous incriminer
Les conducteurs se filment de plus en plus : ces caméras qui peuvent désormais vous incriminer © L'Automobiliste

De plus en plus prisées par les automobilistes français, les caméras embarquées, ou dashcams, s’imposent aujourd’hui comme un outil incontournable pour documenter la conduite et produire des preuves en cas d’accidents. Ces petites caméras, fixées sur le pare-brise ou le tableau de bord, captent chaque instant sur la route, y compris les situations dangereuses. Leur succès grandissant pose des questions sur leur rôle dans la sécurité routière et sur la réglementation autour de ces preuves.

Pourquoi les dashcams se répandent et à quoi elles servent

Les caméras embarquées servent d’abord à enregistrer ce qui se passe pendant le trajet. Beaucoup démarrent automatiquement avec le moteur, ce qui assure une couverture continue sans que le conducteur ait à intervenir.

Jonathan Colson, père de famille, raconte leur utilité à franceinfo : « J’ai positionné la caméra derrière le rétroviseur central. C’est une caméra en 360. Elle filme devant, elle filme l’habitacle et j’en ai une toute petite à l’arrière. » Grâce à son équipement, Jonathan a pu fournir une vidéo qui a aidé les forces de l’ordre dans une enquête sur un accident à une intersection.

Chez Norauto Vélizy, situé dans les Yvelines, on a constaté un net accroissement des ventes de ces appareils. Les raisons d’achat sont diverses :

  • certains s’équipent après un accident,
  • d’autres après avoir constaté des actes de vandalisme autour de leur véhicule.

Les dashcams, une aide pour la justice

Les images capturées par ces caméras jouent un rôle majeur dans les enquêtes judiciaires. Kevin Delabre, ancien aide-soignant devenu victime d’un accident de moto, en apporte la preuve. En choc avec un bus, il a subi une perforation grave du bras gauche et a été plongé dans le coma pendant trois semaines. Initialement considéré comme seul responsable, c’est grâce à une vidéo réexaminée par un expert accidentologue que la vraie version des faits a pu être établie, ouvrant la voie à son indemnisation.

Pour autant, Maître Grégory Guyard, avocat spécialiste en droit du dommage corporel, met en garde contre une dépendance excessive à ces images. Bien qu’elles soient légalement considérées comme des éléments de preuve, elles ne suffisent pas toujours à établir de façon incontestable la responsabilité d’un accident, surtout à l’ère de l’intelligence artificielle où la manipulation des images devient une préoccupation.

Ce qui se dit au niveau légal et en Europe

En France, l’usage de ces caméras fait l’objet de débats, notamment sur leur fonctionnement durant les contrôles routiers. Selon un supplément d’information d’Ouest-France, les forces de l’ordre ne peuvent pas obliger à les éteindre, sauf exceptions, ce qui permet aux automobilistes d’enregistrer en continu leur trajet. Cette situation diffère de certains pays européens, où certains assureurs proposent même des réductions aux conducteurs équipés de dashcams.

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