Le 31 août 2025, Jaguar Land Rover a été frappé par une cyberattaque d’envergure. Dans les jours qui ont suivi, l’interruption de ses systèmes informatiques a bouleversé son fonctionnement interne et l’ensemble de sa chaîne logistique.
La cyberattaque fait plier Jaguar Land Rover
La cyberattaque a été rendue publique début septembre lorsque Jaguar Land Rover a annoncé que ses systèmes avaient été « impactés par un incident cybernétique » et que ses usines britanniques étaient mises à l’arrêt pour permettre une investigation. Selon un rapport publié par le Cyber Monitoring Centre (CMC), l’attaque a forcé un arrêt de production d’environ cinq semaines. L’ampleur de cet incident touche l’ensemble de l’écosystème industriel : plus de 5 000 organisations du Royaume-Uni, essentiellement des fournisseurs et sous-traitants de l’automobile, ont été affectées, selon Reuters.
Les conséquences logistiques et opérationnelles ont été particulièrement sévères : les lignes de production des trois usines britanniques de Jaguar Land Rover, capables de fabriquer environ 1 000 véhicules par jour, sont restées à l’arrêt, ce qui a provoqué une chute drastique de la production nationale. Selon les données de la Society of Motor Manufacturers and Traders (SMMT), la production automobile britannique a ainsi chuté de 27 % en septembre 2025, en grande partie en raison de cet arrêt. En somme, cette cyberattaque a déclenché une interruption industrielle majeure dans l’industrie automobile, révélant la vulnérabilité des chaînes de valeur « just-in-time ».
Un coût record de plus de 2 milliards d’euros
Le coût économique pour le Royaume-Uni est estimé à 1,9 milliard de livres sterling (environ 2,2 milliards d’euros) selon le CMC. Cette estimation tient compte uniquement des effets liés à la production britannique et à la chaîne de valeur locale ; elle pourrait augmenter si la reprise n’atteint pas rapidement les niveaux précédents, souligne Automotive Manufacturing Solutions.
En plus des pertes directes, cette cyberattaque est classée « événement systémique catégorie 3 » par le CMC, ce qui marque son impact sur la filière industrielle nationale. L’effet domino est considérable : les fournisseurs ont vu les commandes suspendues, des retards de paiement se sont multipliés, et certains sous-traitants ont dû envisager des mises à pied ou des réductions d’activité.
Le secteur tout entier au Royaume-Uni est désormais confronté à une remise à plat de ses défenses cyber, alors que la production a atteint son niveau le plus bas pour un mois de septembre depuis 73 ans, explique The Guardian.






